Un robot réalise plusieurs gestes de la main très différents avec seulement deux commandes pneumatiques.
Le dispositif cherche à éviter une limite fréquente des mains robotiques : chaque mouvement supplémentaire réclame souvent un mécanisme, un moteur ou une commande dédiée. Ici, la même structure change de forme selon la manière dont l’air est envoyé. Elle peut ainsi produire plusieurs gestes sans multiplier les actionneurs.

La "main" du robot se présente sous la forme d'un ruban enroulable et déroulable
Pour comprendre le principe, il faut regarder la mécanique avant l’électronique. Une structure déformable est entourée par une coque souple qui guide ses mouvements. Deux arrivées d’air modifient les forces exercées sur cet ensemble. Selon la combinaison utilisée, la main du robot ne se plie donc pas toujours dans la même direction.
Cette architecture permet notamment de pincer un petit objet, de l’agripper plus largement, de l’accrocher ou encore de produire un mouvement de rotation. Ces gestes demanderaient normalement plusieurs articulations indépendantes sur une main mécanique classique. Le prototype obtient ici cette variété grâce à sa propre géométrie et aux déformations du matériau.
Autrement dit, une partie du contrôle est directement inscrite dans le corps du robot. Le logiciel n’a pas besoin de commander séparément une longue série d’articulations pour obtenir chaque posture. Cette approche appartient à la robotique dite « souple », où les matériaux se déforment pour assurer une partie du mouvement et de l’adaptation.
Leur dispositif dépasse certaines possibilités géométriques de notre main, car sa structure peut prendre des formes que les os et articulations humaines ne permettent pas.
Concrètement, cette liberté peut devenir utile lorsqu’un même robot doit manipuler des objets de tailles ou de formes très différentes. Une machine pourrait changer de geste sans remplacer son outil terminal. Cela peut réduire le nombre de pièces mobiles, le poids du mécanisme et le nombre de commandes nécessaires pour certaines opérations.
Les chercheurs envisagent aussi cette structure au-delà d’une simple pince. Sa grande amplitude de déformation permet d’étudier des systèmes où un même élément ferait successivement office de manipulateur, de partie de membre ou d’interface avec un outil. Les prochains travaux devront préciser quelles tâches réelles profitent le mieux de cette polyvalence.