La Grande Barrière de corail montre de nouveaux signes de récupération, après deux années marquées par des épisodes de blanchissement liés à la chaleur.
Le suivi annuel de l’Australian Institute of Marine Science porte sur 121 récifs examinés par une méthode appelée « manta tow ». Un observateur est tracté lentement derrière un bateau et estime la part du fond couverte de coraux durs vivants. Cette couverture sert d’indicateur simple pour suivre l’évolution des récifs au fil des années.

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Cette fois, 56 % des récifs étudiés n’ont pas connu de changement net de leur couverture corallienne. Une hausse a même été constatée sur 28 % d’entre eux. À l’échelle des trois grandes régions de la Grande Barrière, la situation apparaît donc plus stable qu’un an auparavant, lorsque les pertes avaient été particulièrement fortes.
Pour comprendre ce retournement, il faut regarder la météo de l’été austral 2025-2026. La chaleur marine s’est prolongée et a provoqué un blanchissement régional dans le nord. Cependant, des pluies, des nuages et plusieurs systèmes météorologiques ont limité l’accumulation de chaleur dans certaines zones. Les coraux y ont subi un stress thermique moins sévère que lors des épisodes précédents.
Le blanchissement survient lorsque l’eau reste trop chaude. Les coraux expulsent alors les minuscules algues vivant dans leurs tissus, qui leur fournissent une grande partie de leur énergie. Ils deviennent pâles ou blancs, mais ne meurent pas forcément. Si les conditions redeviennent favorables assez vite, certains peuvent récupérer.
La situation reste très différente selon les secteurs. La couverture de coraux durs a progressé dans les régions nord et centrale. Dans le sud, sa variation est faible et reste dans la marge d’incertitude des mesures. Ces résultats ne signifient donc pas que chaque récif se rétablit, ni que tous les types de coraux réagissent de la même manière.
Cette nuance compte particulièrement après le choc précédent. Le rapport 2024-2025 avait mesuré des baisses régionales comprises entre environ 14 % et 31 % par rapport à l’année antérieure. Les coraux du genre Acropora, qui grandissent rapidement et avaient beaucoup contribué aux précédentes remontées de couverture, avaient aussi été fortement touchés par la chaleur.
D’autres pressions continuent en parallèle. Des cyclones et des apports d’eau douce peuvent endommager certains récifs. Les étoiles de mer couronne d’épines se nourrissent également de coraux, avec une nouvelle vague d’infestation observée dans le nord. Ces perturbations peuvent agir successivement sur un même secteur et réduire le temps disponible pour sa récupération.
Le prochain suivi devra notamment déterminer si les gains observés résistent aux nouveaux étés chauds. Le programme de l’AIMS suit la Grande Barrière depuis 40 ans, ce qui permet de distinguer une amélioration ponctuelle d’une tendance durable. Avec des épisodes de blanchissement désormais rapprochés, la durée disponible entre deux perturbations devient une donnée particulièrement importante.