🌊 Des roches sĂšches responsables des ocĂ©ans de la Terre ?

Des roches sĂšches pourraient avoir contribuĂ© Ă  fabriquer les ocĂ©ans terrestres, sans apporter elles-mĂȘmes la moindre goutte d’eau.

Lors de sa croissance, la jeune Terre aurait capturĂ© d’innombrables fragments de roche, de quelques millimĂštres Ă  quelques centimĂštres. Ces galets traversaient une atmosphĂšre trĂšs chaude, riche en hydrogĂšne. En descendant, ils pouvaient fondre avant d’atteindre la surface.

Formation de la Terre / @IPGP.

Formation de la Terre / @IPGP.

Les chercheurs ont reproduit cette situation en laboratoire avec des roches volcaniques privĂ©es d’eau. Ils les ont chauffĂ©es Ă  1200 °C et 1300 °C, puis exposĂ©es Ă  un courant d’hydrogĂšne. Le but Ă©tait de voir si cette rencontre pouvait crĂ©er de l’eau lĂ  oĂč il n’y en avait pas au dĂ©part.

Le rĂ©sultat vient d’une rĂ©action assez simple. L’hydrogĂšne capte l’oxygĂšne contenu dans l’oxyde de fer de la roche fondue. Du fer mĂ©tallique se forme alors, en mĂȘme temps que de la vapeur d’eau. Cette transformation s’est produite en quelques heures dans les expĂ©riences.

Autrement dit, une partie de l’eau n’aurait pas forcĂ©ment dĂ» ĂȘtre apportĂ©e dĂ©jĂ  formĂ©e par des matĂ©riaux humides. Elle aurait aussi pu ĂȘtre produite sur place, pendant la croissance de la planĂšte. L’atmosphĂšre primitive ne serait donc pas seulement un dĂ©cor : elle participerait directement Ă  la chimie de la jeune Terre.

Les auteurs estiment que ce mĂ©canisme peut produire des quantitĂ©s d’eau correspondant Ă  des ocĂ©ans. L’expĂ©rience Ă©tablit surtout qu’un tel chemin chimique fonctionne dans les conditions simulĂ©es.

Le mĂ©tal formĂ© emporte aussi du phosphore. S’il descend ensuite vers le noyau, il retire cet Ă©lĂ©ment des roches qui formeront le manteau. Ce comportement peut aider Ă  comprendre pourquoi le manteau terrestre contient relativement peu de phosphore par rapport Ă  celui de Mars.

Le mĂȘme processus pourrait concerner d’autres planĂštes rocheuses de taille proche de la Terre, si elles grandissent sous une atmosphĂšre riche en hydrogĂšne. Elles pourraient ainsi produire trĂšs tĂŽt de grandes quantitĂ©s d’eau. La prĂ©sence d’eau ne signifie toutefois pas, Ă  elle seule, qu’une planĂšte abrite la vie.

L’expĂ©rience ne suit ni la conservation de cette vapeur pendant l’évolution de la planĂšte, ni sa condensation finale en ocĂ©ans. Ces Ă©tapes doivent encore ĂȘtre testĂ©es dans des modĂšles dĂ©crivant toute la formation d’une planĂšte.