Des roches sĂšches pourraient avoir contribuĂ© Ă fabriquer les ocĂ©ans terrestres, sans apporter elles-mĂȘmes la moindre goutte dâeau.
Lors de sa croissance, la jeune Terre aurait capturĂ© dâinnombrables fragments de roche, de quelques millimĂštres Ă quelques centimĂštres. Ces galets traversaient une atmosphĂšre trĂšs chaude, riche en hydrogĂšne. En descendant, ils pouvaient fondre avant dâatteindre la surface.

Formation de la Terre / @IPGP.
Les chercheurs ont reproduit cette situation en laboratoire avec des roches volcaniques privĂ©es dâeau. Ils les ont chauffĂ©es Ă 1200 °C et 1300 °C, puis exposĂ©es Ă un courant dâhydrogĂšne. Le but Ă©tait de voir si cette rencontre pouvait crĂ©er de lâeau lĂ oĂč il nây en avait pas au dĂ©part.
Le rĂ©sultat vient dâune rĂ©action assez simple. LâhydrogĂšne capte lâoxygĂšne contenu dans lâoxyde de fer de la roche fondue. Du fer mĂ©tallique se forme alors, en mĂȘme temps que de la vapeur dâeau. Cette transformation sâest produite en quelques heures dans les expĂ©riences.
Autrement dit, une partie de lâeau nâaurait pas forcĂ©ment dĂ» ĂȘtre apportĂ©e dĂ©jĂ formĂ©e par des matĂ©riaux humides. Elle aurait aussi pu ĂȘtre produite sur place, pendant la croissance de la planĂšte. LâatmosphĂšre primitive ne serait donc pas seulement un dĂ©cor : elle participerait directement Ă la chimie de la jeune Terre.
Les auteurs estiment que ce mĂ©canisme peut produire des quantitĂ©s dâeau correspondant Ă des ocĂ©ans. LâexpĂ©rience Ă©tablit surtout quâun tel chemin chimique fonctionne dans les conditions simulĂ©es.
Le mĂ©tal formĂ© emporte aussi du phosphore. Sâil descend ensuite vers le noyau, il retire cet Ă©lĂ©ment des roches qui formeront le manteau. Ce comportement peut aider Ă comprendre pourquoi le manteau terrestre contient relativement peu de phosphore par rapport Ă celui de Mars.
Le mĂȘme processus pourrait concerner dâautres planĂštes rocheuses de taille proche de la Terre, si elles grandissent sous une atmosphĂšre riche en hydrogĂšne. Elles pourraient ainsi produire trĂšs tĂŽt de grandes quantitĂ©s dâeau. La prĂ©sence dâeau ne signifie toutefois pas, Ă elle seule, quâune planĂšte abrite la vie.
LâexpĂ©rience ne suit ni la conservation de cette vapeur pendant lâĂ©volution de la planĂšte, ni sa condensation finale en ocĂ©ans. Ces Ă©tapes doivent encore ĂȘtre testĂ©es dans des modĂšles dĂ©crivant toute la formation dâune planĂšte.