🦴 Quel est ce trou dans l'os d'un Néandertalien ?

Un trou presque parfaitement rond dans un os vieux de 75 000 ans pourrait raconter les derniers instants d'un Néandertalien.

La découverte vient de la grotte de Shanidar, dans le Kurdistan irakien. Ce lieu est connu pour ses restes humains préhistoriques, retrouvés dans une même zone au fil des fouilles. Les chercheurs y ont identifié un nouvel individu, nommé Shanidar A, dont une partie du squelette était conservée sous plusieurs mètres de sédiments.

Photographies de l’omoplate et des côtes attribuées à Shanidar A, dont l’omoplate présente une perforation.

Photographies de l’omoplate et des côtes attribuées à Shanidar A, dont l’omoplate présente une perforation.
Source : Pomeroy et al., Scientific Reports (2026), figure 5, CC BY 4.0.

C'est son omoplate gauche qui a attiré l'attention. Cet os plat, situé derrière l'épaule, présente une perforation circulaire d'environ 15 millimètres. De petites fractures partent du trou, comme si un objet avait traversé l'os. Pour les chercheurs, cette blessure aurait été infligée autour du moment de la mort.

La forme du trou donne un indice sur l'objet qui l'aurait provoqué. Une pointe de pierre laisse généralement une entaille plus anguleuse. Ici, la perforation correspond davantage à celle que pourrait produire une lance en bois, dotée d'une extrémité arrondie et pointue. La lance elle-même n'a pas été retrouvée.

Si cette explication est correcte, l'arme serait arrivée par l'avant du corps et aurait pu atteindre des organes vitaux. L'étude suggère donc une blessure mortelle. Mais elle ne permet pas de savoir ce qui s'est réellement passé : un accident pendant une chasse et un geste de violence restent tous deux possibles.

Le squelette raconte aussi un épisode beaucoup plus ancien. Plusieurs dents de devant portent les traces d'un grave traumatisme au visage. Pourtant, leurs modifications ultérieures montrent que Shanidar A a survécu longtemps à cette blessure, au moins assez pour continuer à utiliser ses dents malgré leurs dégâts.

Une telle blessure devait probablement compliquer l'alimentation. Les chercheurs pensent donc que cet individu a pu recevoir de l'aide de ses proches pour se nourrir ou se remettre. C'est une possibilité, et non la preuve directe de soins organisés. Elle rappelle néanmoins que les Néandertaliens vivaient au sein de groupes sociaux.

Shanidar A se trouvait près des restes de quatre autres Néandertaliens. Leur regroupement pourrait indiquer que les corps ont été déposés volontairement dans cette partie de la grotte, à différentes périodes. Les eaux ont ensuite déplacé certains os, ce qui rend la reconstitution de la scène plus difficile.

Bien que ces vestiges ne permettent pas de raconter avec certitude la mort de Shanidar A, ils réunissent cependant trois indices rares dans une même histoire : une ancienne blessure surmontée, un possible coup de lance fatal et un corps retrouvé parmi d'autres. Autant d'éléments qui éclairent la vie, les dangers et les relations sociales de nos proches cousins préhistoriques.

BO
Bouillante

Ne retrouve t-on pas ce genres de blessures, graves ou mortelles, sur des guerriers à travers les siecles et les espèces humaines ? C'est étonnant de ne pas en compter en abondance sur les ossements de sépultures.