Deux satellites jumeaux ont été suivis seconde après seconde pendant leur destruction dans l’atmosphère terrestre.
Ils s’appelaient Samba et Tango et appartenaient à Cluster, une mission de l’Agence spatiale européenne lancée en 2000. Les quatre engins de cette mission étudiaient l’environnement magnétique de la Terre. Après 26 ans d’activité, leur fin de vie est devenue une expérience scientifique à part entière.

Vue d’artiste de la constellation Cluster volant en formation autour de la Terre.
Crédit : ESA
Pour comprendre l’intérêt de l’opération, il faut regarder ce qui arrive à un satellite lorsqu’il retombe. À très grande vitesse, l’air devant lui chauffe fortement et l’engin commence à se fragmenter. Certaines pièces disparaissent, d’autres peuvent résister plus longtemps. Les modèles actuels prédisent ce processus, mais les observations directes restent rares.
L’ESA a donc préparé les orbites des quatre satellites Cluster pour provoquer leur rentrée au-dessus d’une zone isolée du Pacifique Sud. Des manœuvres réalisées bien avant la chute ont placé leur trajectoire de manière à rendre la rentrée prévisible.
Samba est rentré dans l’atmosphère le 31 août 2026, puis Tango le 1er septembre. Un avion parti de Tonga s’est positionné sous leur trajectoire. À bord, l’équipe ROSIE disposait de 30 instruments, notamment des caméras capables d’observer différentes parties du rayonnement émis pendant la destruction.
Les chercheurs ont suivi les deux satellites pendant environ 50 secondes en moyenne. Pour Tango, le pilote a même incliné l’avion au bon moment afin de prolonger l’observation.

Fragments lumineux du satellite Samba pendant sa rentrée dans l’atmosphère le 31 août 2026.
Crédit : ESA/ROSIE/University of Stuttgart (HEFDiG)

Fragments du satellite Tango observés pendant sa rentrée atmosphérique le 1er septembre 2026.
Crédit : ESA/ROSIE/University of Stuttgart (HEFDiG)
Cette répétition est particulièrement utile car les quatre satellites Cluster étaient identiques. Salsa avait déjà effectué sa rentrée en septembre 2024, puis Rumba en 2025. Les scientifiques disposent ainsi de plusieurs destructions du même type d’engin, dans des conditions atmosphériques et des trajectoires différentes.
Ces mesures doivent aider à mieux prévoir quand un satellite se brise, quelles pièces survivent et où elles risquent de retomber. Elles serviront aussi à concevoir des engins qui se désintègrent plus facilement en fin de mission. La prochaine étape sera la mission Draco, prévue en 2027, avec plus de 200 capteurs et quatre caméras directement installées dans le satellite pendant sa rentrée.