Depuis plus de vingt ans, une source inconnue de notre galaxie émet un signal radio qui évolue sans suivre le comportement habituel des objets connus.
Son nom, VT J1906+0849, n'est pas facile à retenir. Mais son histoire est étonnante. Les astronomes l'ont repérée dans des observations réalisées en 2017, puis ont retrouvé sa trace en remontant dans les archives. En 1996, rien n'apparaissait à cet endroit du ciel. Dès 2005, une source radio était détectable.

Représentation de notre galaxie, la Voie lactée
NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (SSC/Caltech) · Public domain
Au fil des années, son intensité a augmenté jusqu'à atteindre un sommet vers 2014. Puis il a diminué pendant plusieurs années. Les chercheurs pensaient assister à l'extinction progressive du phénomène, avant qu'une nouvelle surprise n'arrive : à la fin de 2025, le signal s'est remis à gagner en intensité.
L'objet semble se trouver dans une région lointaine de la Voie lactée, à au moins 49 000 années-lumière de nous. On ne le distingue pas comme une étoile ordinaire dans la lumière visible. Ce sont les radiotélescopes qui captent son rayonnement, invisible à nos yeux.
Les astronomes mesurent aussi les différentes fréquences des ondes radio, comme on distingue les notes graves et aiguës d'un son. Or la fréquence où le signal est le plus fort change de manière inhabituelle : elle a baissé, avant de remonter nettement.

De gauche à droite : VT J1906+0849 à l'époque de référence puis à l'époque de découverte. Toutes les images partagent la même échelle de flux.
Une explosion pourrait produire un tel rayonnement, mais elle devrait normalement projeter de la matière qui s'éloigne et s'étale dans l'espace. Ici, les observations les plus fines ne montrent pas d'explosion, malgré les évolutions du signal sur plusieurs années. L'explication par un simple nuage en expansion est donc insuffisante.
Les chercheurs envisagent qu'un objet très dense, comme un trou noir ou une étoile à neutrons, puisse attirer de la matière autour de lui. Il pourrait alors émettre des jets de particules très rapides. Si ces jets restent enfermés dans du gaz dense, cela expliquerait peut-être pourquoi la source ne ressemble pas à une explosion.
Mais ce scénario n'est pas confirmé. L'objet présente aussi des propriétés inhabituelles dans les rayons X et dans la lumière infrarouge. Aucun système connu ne reproduit encore l'ensemble des observations, et les chercheurs ignorent toujours ce qui alimente réellement le phénomène.
De nouvelles mesures radio permettront de suivre son prochain changement d'intensité. Cette fois, les astronomes savent précisément où regarder. Leur objectif est de comprendre ce qui peut maintenir un signal aussi puissant et changeant pendant plusieurs décennies, au sein même de notre galaxie.