L'aître Saint-Maclou est un ancien cimetière charnier datant du XVI siècle, situé 188, rue Martainville à Rouen, en France. Il constitue un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe.
L'aître Saint-Maclou fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1862.
Histoire
L'aître Saint-Maclou tire son nom du latin atrium, qui désigne la cour intérieure d'entrée précédant l'entrée d'une villa romaine et par extension le cimetière situé avant l'entrée de l'église ; et de la paroisse Saint-Maclou, dont l'église du XV siècle se situe à proximité.
Le cimetière Saint-Maclou remonte à la Peste noire de 1348. Suite à une nouvelle épidémie de peste au XVI siècle, il devient nécessaire d'en augmenter la capacité. La paroisse décide alors d'aménager des galeries surmontées de combles, destinés à contenir les ossements. L'édification de l'ossuaire débute en 1526 par la galerie ouest, sous la direction de Guillaume Rybert. Les galeries nord et est sont bâties durant les années qui suivent, elles sont achevées respectivement en 1529 et 1533.
La galerie du sud n'est en revanche réalisée qu'en 1651, suite à un legs du père Robert Duchesne, destiné à abriter une école pour les garçons pauvres de la paroisse, malgré l'utilisation toujours active du cimetière. La chapelle Saint-Michel est érigée par Pierre Daust en 1658.
Les statuettes des colonnes sont endommagées en 1562 lors des guerres de religion.
En 1705, l'école de charité, créée dans ces lieux en 1659, est confiée aux Frères des Écoles chrétiennes, institut fondé à Rouen, par saint Jean-Baptiste de La Salle. L'école est établie entre la chapelle des Trépassés et la chapelle Saint-Michel. Les galeries sont alors transformées afin d'y accueillir des salles de classe, de 1745 à 1749. Le charnier est partiellement reconstruit suite à un incendie en 1758.
Le Parlement de Normandie ordonne la suppression des lieux de sépulture urbains en 1779, suite d'une ordonnance royale. Le cimetière Saint-Maclou est en conséquence fermé en 1781. Le croix centrale est détruite en 1792, et remplacée en 1818.
Détail d'une galerie.
En 1911, un pensionnat de jeunes filles remplace l'école des frères (fermée en 1907). La Ville de Rouen fait en 1927 l'acquisition des bâtiments, laissés dans un état de semi-abandon. Elle projette d'y installer le musée d'art normand qui occupait l'église Saint-Laurent, mais après restauration des bâtiments, c'est finalement l'école des Beaux-Arts qui s'y installe en 1940 après l'incendie de la Halle aux Toiles. Elle y demeure toujours au XXI siècle et accueille 180 étudiants dans ses locaux.
Architecture
L'ossuaire se compose de quatre galeries encadrant une place centrale ; il est large de 32 mètres pour une longueur de 48 mètres. Les trois premières galeries sont réalisées en pans de bois au-dessus d'un soubassement en pierre, les fûts des colonnes sont sculptés de décors de la première Renaissance. La galerie du sud du XVI siècle est en revanche dépourvue de soubassement et de sculptures. Les galeries sont fermées par des cloisons en pans de bois maçonnés et des fenêtres lors de la construction d'un étage au XVIII siècle.
Les poutres sont décorées de motifs macabres, ossements, instruments liturgiques ou encore du fossoyeur, avec des pioches ou cercueils. Les colonnes des galeries ouest et est sont ornées de couples figurant une danse macabre.