L'audiodescription est une pratique courante depuis des années en Grande-Bretagne, au Canada, et aux États-Unis.
En France, l'audiodescription a fait son apparition il y a une bonne vingtaine d'années.
Elle est également bien implantée en Allemagne et en Espagne.
Enfin, il semblerait que l'Australie promeuve elle aussi l'audiodescription.
En Grande-Bretagne
L’audiodescription a fait son apparition dans le milieu théâtral : dans les années 1980, dans le Nottinghamshire, un petit théâtre familial a donné une représentation audiodécrite pour un public aveugle. Le directeur de ce théâtre, conscient du potentiel, a inspiré le Theatre Royal Windsor qui a, à partir du 6 février 1988, traduits des pièces régulièrement.
La pratique y est aujourd’hui très répandue : près de 8% des programmes sont audiodécrits. Diverses associations promeuvent l’audiodescription (le RNIB, VocalEyes), ainsi que des figures importantes (Veronika Hyks, Andrew Holland pour ne citer qu’eux). La BBC, ITV et Channel 4 ont-elles aussi tenté de sensibiliser la population par le biais de spots explicatifs.
La 1996 Broadcasting Act stipule que dix ans après avoir obtenu sa licence, une chaine de télévision numérique terrestre doit audiodécrire 10% de ses émissions. La 2003 Communications Act a ensuite étendu cette règle aux chaines de télévision numérique par satellite. Cependant, les chaines ont considéré les rediffusions, ainsi que les programmes diffusés à des heures creuses, comme partie intégrante du pourcentage, et ce, afin de limiter leurs coûts de production. Un des objectifs actuels du RNIB reste toujours de mettre un frein à cette tendance. De plus, le RNIB se bat pour que le minimum légal passe de 10 à 20%.
En ce qui concerne les cinémas, aucune disposition légale n’a été mise en place. Tout ce qui se fait actuellement est donc le fruit de la volonté des différents acteurs du monde du 7e art :
- 8% des films sont audiodécrits.
- 1% des films de Buena Vista International et de Warner Brothers distribués sur le territoire britannique sont audiodécrits, y-compris les films étrangers. Il ne faut pas perdre de vue qu’un film incluant des dialogues en langue étrangère et sous-titrés ne permet pas aux spectateurs mal et non voyants de suivre le film sans aide extérieure. Grâce à l’audiodescription, les dialogues en langue étrangère sont donc lus à voix haute, ce qui solutionne le problème.
Grâce à des casques à infrarouges, l’audiodescription est en quelques sortes superposée à la bande son du film (qui passe, elle, via l’installation sonore de la salle).
Au Canada
Le CLT (Centre for Learning Technology, Ryerson University, Toronto) a étudié diverses méthodes qui résoudraient quelques uns des problèmes liés à l’audiodescription, tels que des menus interactifs parlants (audio navigation), différents degrés de description, la narration à la première personne ou encore la description en direct.
Aux États-Unis
Aux États-Unis, la technique utilisée est le Descriptive Video Service (DVS), créée par la chaîne WGBH basée à Boston. Le réseau PBS diffuse de tels programmes depuis 1990, ils sont accessibles aux personnes équipées d'un récepteur MTS.
La Federal Communications Commission (commission de régulation) avait exigé des 25 plus gros diffuseurs d'utiliser ce système, mais une cour fédérale a jugé en 2002 que cette décision ne relevait pas de sa juridiction.
En Belgique
Il y a lieu de faire la distinction entre les parties francophone et néerlandophone du pays.
A la fin des années 1990, deux pôles wallons importants ont relayé l'audiodescription en Belgique:
- L'ASBL Les Amis des Aveugles,
- L'ASBL La Lumière.
La première association s'est attelée à audiodécrire des films. La première audiodescription a été réalisée en 1999, en collaboration avec le Centre provincial d’Enseignement Spécial de Mons, et concernait le film Forrest Gump. Vu le succès de l’expérience, l’ASBL décide de prendre contact avec un studio professionnel (le One Two, situé à Bruxelles) ainsi qu’un comédien (Philippe Dreck). Leur premier film audiodécrit a été Le Jaguar, pour lequel ils ont reçu une aide financière de la Fondation Jeanne et Pierre Beeckman. A ce jour, Les Amis des Aveugles a réalisé une trentaine de traductions. Les films ainsi doublés étaient projetés au sein de l'association. Par la suite, une collaboration a vu le jour entre l'association et le Plazza Arts (cinéma d'art et essai situé à Mons).
Deux festivals de cinéma ont également projeté des films audiodécrits. Il s’agit du festival international du film d'amour et le film La Mandoline du Capitaine Correli et du Festival du Film Francophone de Namur avec le film Le Vélo de Ghislain Lambert. Les Amis des Aveugles a contacté Belgafilms pour obtenir l’autorisation d’audiodécrire le film K-Pax avant sa sortie, afin qu’il puisse être présenté, dans sa version audiodécrite, en avant-première mondiale à Imagibraine.
Quant à la seconde ASBL, elle organisait des séances dans le complexe cinématographique Churchill (situé à Liège), du groupe Les Grignoux. Pour se faire, La Lumière faisait appel à l’AVH. A cause des coûts trop élevés, les projections sont tombées en désuétude, faisant de l'audiodescription une pratique inexistante en Belgique jusqu'à 2007.
En effet, en septembre 2007, une formation à l'audiodescription a été rendue possible grâce aux Fonds Elia. Celle-ci est organisée par l'ABCD et l'ONA, et vise à apprendre à 12 futurs traducteurs d'image les rudiments de l'audiodescription. L'apprentissage arrivera à terme en octobre 2008. La longueur du projet est principalement due au caractère bénévole de la démarche, contrairement à ce qui se fait en France ou au Royaume-Uni, où il existe des programmes académiques, et où les audiodescripteurs officient de manière professionnelle.
En 1995, l’association flamande Blindenzorg Licht en Liefde [Association d’aveugles Lumière et Amour] a d’abord eu des contacts avec Markus Weiss, attaché au RNIB. La même année, un épisode de Langs de kade [Le long du quai], ainsi qu’une pièce, Driekoningenavond [La nuit des rois, Shakespeare], ont été audiodécrits. Pour la pièce, cela a eu lieu au City Theatre d’Anvers.
En 2006, le 16 janvier, après une période d’accalmie, une autre expérience a été menée à Bruxelles : un épisode de F.C. De Kampionen [Football Club Les Champions] a été audiodécrit pour un public de 120 mal et non voyants. En octobre, lors du Ghent International Film Festival, le film flamand De Zaak Alzheimer [L’affaire Alzheimer] (Van Looy, 2003) a été présenté dans sa version audiodécrite.
En France
Les précurseurs en France sont Maryvonne Simoneau-Joërg (maître de conférences à l’École supérieure d'interprètes et de traducteurs, Sorbonne, Paris III), son frère Jean-Yves Simoneau ainsi que Marie-Luce Plumauzille. Ils ont été invités à suivre la formation prodiguée par August Coppola, qui voulait que la France soit le premier pays européen à développer la technique de l’audiodescription.
En France, ainsi qu'au Canada, on trouve souvent le terme "Audiovision". Il s'agit d'une marque appartenant à l'Association Valentin Haüy. Le procédé existe depuis 1989 et a permis de doubler quelques 200 films et une centaine de pièces de théâtre.
Depuis 1995, la chaîne de télévision Arte, diffuse régulièrement des productions audiodécrites, accessible par le télétexte pour les personnes équipées d'un récepteur Nicam.
A ce jour, il n'existe pas encore de guidelines (recommandations) en français.
Pour le théâtre, deux grandes organisations font de l'audiodescription théâtrale :
- l'AVH, qui utilise la technique en semi-direct ;
- Accès culture, qui préfère la technique avec MiniDisc.