Actualité et média
La télévision est dans la société occidentale le principal média d'information, dont le journal télévisé du soir est un quasi rituel. On lui reproche notamment son manque d'analyse et le peu de temps qu'il consacre aux sujets d'actualité. On constate en effet une partialité dans les propos des journalistes dont ils ne se rendent pas toujours compte et dans le temps accordé aux différentes nouvelles. Par exemple, le 11 septembre a plus ou moins monopolisé tous les écrans pendant plusieurs jours alors que d'autres conflits, parfois encore plus meurtriers, ne sont pas du tout abordé (notamment sur TF1, France 2, France 3 et M6).
Les implications sociales de l'effet des médias ne sont pas négligeables, car la plupart des spectateurs croient en l'honnêteté du journal télévisé, et plus généralement en la véracité des informations diffusées sur le petit écran. C'est oublier les rapports économiques qu'entretiennent les chaînes télévisées avec le reste du monde. En effet, comment une chaîne télévisée pourrait critiquer une entreprise ou montrer des informations remettant en cause l'activité d'un groupe économique si ce dernier, par exemple, possède des actions de la chaîne elle-même ?
Outre les rapports économiques, les journalistes eux-mêmes dépendent des informations dont on veut bien leur faire part (quand les personnes concernées ont suffisamment de pouvoir). Par exemple, les journalistes qui s'embarquent dans les guerres doivent parfois signer un contrat avec l'armée stipulant qu'ils ne doivent pas montrer certaines choses, notamment l'horreur de la guerre et les dérapages de l'armée. Or il est souvent bien difficile d'obtenir autrement des images des évènements. Par ailleurs, les intérêts politiques et économiques sont souvent liés. La guerre notamment permet aux entreprises de production d'armes d'avoir des gros contrats, ce qui profite souvent à certains dirigeants.
Place dans la vie des européens
La télévision participe autant à la désinformation qu'à l'information objective des spectateurs car il s'agit d'un système de communication non neutre, un des médias. À côté des émissions d'information pure, se trouvent des fictions qui s'inspirent seulement de la réalité. La télévision peut entraîner, chez le spectateur, une fuite de la réalité, qui, de moment de détente, peut mener à l'accoutumance. La consommation des programmes télévisés chez les Européens prend, suivant le profil des téléspectateurs, plusieurs heures par jour. Cette dépendance pour la télévision, si elle est ajoutée au sentiment d'insécurité (souvent entretenue par les médias), les conduit alors souvent à rester chez eux, à s'isoler.
Mode
La télévision est un des principaux vecteurs de la mode. Elle participe à la formation de stéréotypes à l'échelle mondiale. En effet, il y a un renforcement positif entre la norme en devenir et ce qui est montré à la télévision. Par exemple, pour une présentatrice, on va avoir tendance à choisir une femme mince, qui sera considérée belle selon les critères de la mode. Les téléspectateurs voyant certains types de personnes se créent alors une certaine image de l'homme et de la femme qui ne correspond pas à la réalité de la société et qui sera attendue en retour sur le petit écran.
Contre-critique
Cependant, certaines personnes se refusent à critiquer la télévision dans son intégralité et voient en ce média un objet-clé de la culture populaire, à l'origine de nombreuses productions "cultes" ou tout simplement de qualité. Ces mêmes personnes dénoncent à leur tour la stigmatisation systématique de l'objet télévisuel, qu'ils relient à une forme de politiquement correct bourgeois-bohème élitiste et généralisateur, visant à rendre la culture inaccessible aux couches populaires en répandant l'idée d'une télévision abrutissante par nature.
Les défenseurs de la télévision "de qualité" mentionnent également la présence, quel que soit le média rencontré, d'un pourcentage de contenu "trash" ou racoleur. Ainsi, si ils reconnaissent que la télévision diffuse en effet certains programmes débilitants ("Télé poubelle"), ils dénoncent le fait que la presse ou la radio soient vus comme "médias intellectuels" alors que l'on peut retrouver, dans les deux cas, le même type de contenu de piètre qualité. Ainsi en France, Entrevue, Guts, Ici Paris, Revue ou encore FHM sont des journaux et magazines au même titre que Le Nouvel Observateur, Le Monde ou L'Humanité. De même que La valise RTL ou les programmes de Sébastien Cauet et de Radio Courtoisie sont diffusés sur la bande FM, au même titre que ceux de France Culture.
De la même manière, les accusations "bourgeoises" visant à faire de la télévision le bouc émissaire de la propagation de critères de beauté, notamment chez les adolescentes, ne prend pas en compte de nombreux autres vecteurs, tels que la presse (et ses dossiers "restez minces"), les affiches publicitaires ou le cinéma (combien de vedettes sont réellement grosses ?).
Ainsi, ces "défenseurs de la télévision" (qui précisent bien combattre la critique systématique de la TV, et non un certain regard critique sur les programmes de mauvaises qualité jugé nécessaire, et qu'ils reconnaissent) mentionnent, à juste titre, l'existence d'un grand nombre de programmes de qualité, diffusés sur le satellite ou les ondes hertziennes, parmi lesquels de nombreuses séries télévisées, qui sont autant de monuments de la culture populaire (Les Soprano, Desperate Housewives, Les Experts, Six Feet Under, Heroes, Dexter, Les 4400,Les Simpson, Futurama, ...), mais également de documentaires et d'émissions de très bonne facture (En aparté, Arrêt sur images, ...).
Pour conclure, ces personnes expliquent la multiplication des programmes racoleurs à l'antenne à la fois par l'existence d'une certaine demande, présente un peu partout dans notre société et dans n'importe quel média, mais aussi par un syndrome de lynchage de l'objet télévisuel perpétré par les détenteurs d'un politiquement correct bourgeois-bohème visant à nier en bloc l'existence de programmes de qualité et à restreindre l'accès à la culture à une classe urbaine et relativement aisée. Ainsi, la propagation de l'idée d'une télévision stupide "par nature" entraîne selon eux une dévalorisation inconsciente des programmes, qui, vicieusement, pousse les responsables des grandes chaînes (toujours selon l'idée d'un objet systématiquement abrutissant) à poursuivre la multiplication des programmes stupides et racoleurs.
Selon ces personnes, il faudrait donc revaloriser l'objet télévisuel, en le considérant, au même titre que n'importe quel autre média, comme vecteur potentiel de programmes de qualité, phénomène qui aurait tendance, en accord avec les récents sondages d'opinion très critiques envers les programmes (seulement 1/3 des téléspectateurs satisfaits) à améliorer la qualité des émissions.