L'automédication fait appel à ce que E. Freidson nomme le « système référentiel profane » qui est la culture et le savoir personnels (ou du réseau social) qu’ont les individus sur la santé et les soignants.
Elle ne concerne théoriquement pas la médication officinale qui est une proposition du pharmacien. L'automédication vise généralement d'abord les problèmes assez bénins (douleurs, fatigue, insomnie, toux, constipation, petites allergies...) pour ne pas gêner la vie courante, et en attente d’une éventuelle consultation médicale. Elle est aussi utilisée par des patients qui - par pudeur - ne veulent pas montrer leurs symptômes au médecin. C'est un processus d’autonomisation du "malade" par rapport au médecin, auquel l'individu fait alors appel quand il juge que son problème dépasse ses compétences.
L'automédication est un processus encouragé volontairement ou non par certaines organisations de consommateurs, par la publicité mais limitée par le non-remboursement des médicaments, et surtout par la peur de l'erreur de diagnostic, notamment pour les jeunes enfants. On peut distinguer l'utilisation de médicaments ne nécessitant pas d'ordonnance (Certains étant remboursables si prescrits, ou non remboursables dans tous les cas), de l'usage de médicaments stockés suite à une ordonnance précédente. Dans les pays riches, les caisses d’assurance maladie et l’État ont parfois joué sur l'automédication et la promotion des médicaments génériques pour limiter le poids des lobbies pharmaceutiques et les couts de la médication pour la sécurité sociale.
On évoque aussi l’automédication dans le domaine vétérinaire, soit pour décrire le comportement du soigneur (zoo, élevage, etc), soit, peut-être improprement, pour décrire la capacité de certains animaux, généralement des mammifères (moutons, singes par ex) à ingérer des produits ou objets (terre) ou des végétaux (les feuilles dentées de la part de singes), qui soignent certains de leurs maux (parasitisme, infections bactériennes ou virales..). D'autres groupes animaux tels que les oiseaux se sont montrés capables de se soigner (en mangeant par exemple de l'argile pour des perroquets)
Avec l'autoprescription sans avis ou justification thérapeutique d'alicaments ou de “ compléments alimentaires (vitamines, créatinine, acides aminés...) ” qui sont des substances de bien-être ou de performance physique ou mentales, l'automédication est à l'origine d'un marché qui en France serait 10 % environ du chiffre d'affaires de l'Industrie du médicament.