Tous les modèles climatiques informatiques prédisent que le réchauffement climatique touchera plus fortement les régions polaires. Dans ces régions, l’élévation de la température sera environ le double de l’augmentation moyenne à la surface de la planète. Cette évolution est malheureusement confirmée sur le terrain par un récent rapport de la NASA et du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) qui révèle que l’étendue de la banquise du pôle Nord n’a jamais été aussi réduite depuis plus d’un siècle. En septembre 2005, la superficie de la banquise arctique était de 25 % inférieure à celle qu’elle avait en moyenne dans les années 1980. L’étendue de la fonte de la banquise est telle qu’un point de non-retour a probablement été atteint. En effet, les eaux sombres non recouvertes de glace de l’Océan Arctique absorbent bien davantage la lumière solaire que la très réfléchissante banquise. Ainsi, plus la banquise se réduit, plus l’Océan Arctique se réchauffe rapidement, accélérant ainsi la fonte du reste de la banquise et ainsi de suite... Ce cercle vicieux, en langage scientifique une rétroaction positive, pourrait conduire à une disparition totale de la banquise en été vers 2070, ce qui ne s'est pas produit depuis plus d’un million d’années!
"Si nous n'agissons pas immédiatement l'Arctique va rapidement devenir méconnaissable", a affirmé Tonje Folkestad, spécialiste du changement climatique au WWF. "Les ours polaires feront partie de l'Histoire, et nos petits-enfants n'en entendront parler que dans les livres."
Dériver sur la banquise arctique pendant deux ans, c’est le pari de la goélette polaire Tara. À son bord, les scientifiques se relaient pour étudier les effets du réchauffement climatique. Site de l'expédition Tara.