En 1921, le général Estienne, demande aux sociétés Renault, FAMH, Schneider, Delaunay et FCM de développer des prototypes de chars d'assaut, d'une masse de quinze tonnes armé d'un canon de 47 ou 75 millimètres en casemate et de deux mitrailleuses en tourelle. Ces blindés, propulsés par un moteur de 120 chevaux, doivent être capables d'une autonomie de six heures, et être blindés à 25 millimètres à l'avant, 20 sur les cotés et 8 au plancher et au toit. Cette spécification est assortie d'un accord prévoyant la production de 120 chars par société. Entre 1922 et 1924, pas moins de quatre prototypes différents sont proposés. Deux, le sont par Renault, les SRA et SRB, tous les deux mus par un moteur de la marque de 180 chevaux, et armés d'un canon Schneider de 75 mm en casemate disposant d'un champ de tir de 1°30 de part et d'autre de l'axe du véhicule et d'une mitrailleuse en tourelle. Le SRB, se distingue du SRA, par l'emploi d'une transmission hydraulique, pour assurer le pointage du canon par virage. FAMH et Delaunay, proposent eux un modèle propulsé par un moteur Panhard de 120 chevaux avec une transmission hydraulique Jeanney, une suspension pneumatique et armé d'un canon FAMH de 75 mm. Enfin, le prototype de FCM, le FCM-21, utilise le même canon que le précédent, mais utilise des embrayages latéraux, pour assurer le pointage en direction. Tous ces véhicules sont testés à l'annexe de Rueil, de l'atelier de construction de Puteaux, le 13 mai 1924, les résultats étant assez décevants, seul le train de roulement du FCM donnant satisfaction. En mars de l'année suivante, le général Estienne, partant du SRA et SRB, défini le futur char B, seul le moteur étant déplacé pour dégager un couloir d'accès aux mécanismes. Il décide d'adopter la suspension pneumatique FAMH, le train de roulement du FCM-21, porte le blindage latéral à 25 millimètres et celui du toit et du plancher à quinze. Parallèlement, il lance aussi deux autres projets les B2 et B3, blindés à 50 millimètres, mais leur masse dépassant quarante cinq tonnes, provoquera l'abandon des projets. Le 27 janvier 1926, il est décidé de produire trois prototypes du Char B, un assemblé par Renault, un autre par FAMH et le dernier par FCM. Les deux premiers exemplaires sont armés par le canon de 75, FAMH, le dernier embarque le canon Schneider.
Le premier de tous les chars B, le n°101 produit par Renault, avec un blindage en acier doux, est fini en 1929, il va devenir le banc d'essai de toutes les améliorations étudiées sur les chars de la série. Les deux autres sont terminés l'année suivante, et après la mise au point du refroidissement et de la transmission, les trois chars sont regroupés en octobre 1931, au sein d'un détachement d'expérimentation. Après quoi, ils font le trajet de Rueil jusqu'au camp de Mourmelon, puis après des manœuvres et un examen par une commission dirigée par le général Delalain, en reviennent, le tout par leurs propres moyens, parcourant en tout près de mille kilomètres, sans autres incidents, que la panne et le changement du système Naëder d'un entre eux. Les deux années suivantes, les trois chars participent à d'autres manœuvres, et font de nombreux adeptes, comme le général Dufieux et le colonel Delestrain. Une première commande de sept chars avec un blindage de quarante millimètres, envisagée dés 1932, n'est finalement signée qu'en mars 1934, à cause des discussions portant sur le prix et la répartition des commandes entre les différentes sociétés. En plus de l'épaisseur du blindage, il embarque un nouveau canon de 75, conçu par l'atelier de construction de Bourges, une nouvelle tourelle APX-1 avec un canon de 47 mm SA34, un moteur plus puissant. Ils sont livrés au mois d'avril de la même année et rejoignent alors les n°102 et n°103, au sein du 511 régiment de chars de combat, basé à Verdun. Par contre, la livraison de la commande suivante, portant sur vingt exemplaires et son additif de cinq véhicules, elle sera retardée, jusqu'en 1936, par l'emploi de pièces de blindage coulées, la modification du bronze employé dans la fabrication de l'appareil Naëder, et finalement les mouvement sociaux, précédant le Front populaire.
En 1937, de nouvelles commandes sont passées pour une version améliorée, dont le blindage et les capacités antichars ont été améliorés, le B1 bis. Le moteur Renault développe maintenant 300 chevaux, le blindage passe à 60 mm à l'avant et à 55 mm sur les flancs, comme préconisé par le général Velpry, alors inspecteur des chars, qui craint les nouvelles armes antichars, qui ont commencées à apparaître en particulier lors de la guerre d'Espagne. On monte la nouvelle tourelle APX-4, qui armée d'un canon de 47 mm SA35, ajoute enfin au char une réelle capacité antichar. La masse du véhicule passe de 28 à 31 tonnes, l'autonomie surtout, en souffre, bien qu'elle puisse atteindre 180 kilomètres à basse vitesse avec les 400 litres des trois réservoirs, mais à 20 km/h, elle n'est plus que de six heures soit 120 kilomètres. Des essais avec une remorque spéciale, contenant 800 litres de carburant supplémentaires furent menés, mais l'emploi fut abandonné sûrement du fait du danger de transporter du carburant d'aviation, hors du blindage. Pour répondre à la demande plus importante de refroidissement du moteur, la grille latérale du ventilateur fut agrandie, certains y ont vu un point faible du char, les servant des PAK allemands tentant d'y placer leurs obus. Cette assertion, basée sur un fait réel, où trois canon de 37 mm, mirent hors de combat deux B1 bis, près de Stonne, le 16 mai 1940, semble peu fondée car la grille avec ses barreaux en V d'acier épais de 28 mm, n'était pas théoriquement plus vulnérable que les flancs de 55 mm. En cours de production, le B1 bis bénéficiera d'améliorations progressives, du n°306 au 340, l'emport d'obus de 47 était de 62, celle de cartouches de 7,5 mm était lui de 4800, ils passèrent respectivement sur les suivants à 72 et 5250. Au début de 1940, le poste de radiotéléphonie ER-53, ne permettant que des liaisons en morse, céda lui la place à un ER-53 permettant des liaisons en phonie, les chars de commandement au niveau de la compagnie et du bataillon recevait en prime un ER-55, pour communiquer avec leurs supérieurs. Enfin en juin 1940, les derniers exemplaires produits, reçurent un réservoir supplémentaire de 170 litres.
Les commandes sont passées pour ce nouveau modèle, dès 1937, avec 35 B1 bis pour le 510 RCC (ils seront livrés en 1938), puis 35 autres, en 1938, pour le 508 RCC, 70 en 1939, pour le 512 RCC et un bataillon de marche. Après la déclaration de guerre, les commandes affluèrent, si bien qu'à l'armistice, elles totalisaient 1144 exemplaires, mais furent bien loin d'être honorées par l'industrie, qui réussi en tout et pour tout à produire : 35 chars B1 et 369 B1 bis. Avant le 1 septembre 1939, seul 129 B1 bis ont été livrés, en novembre, 61 de plus sont fournis. Les efforts de mobilisation industrielle de la 12 direction de l'armée porteront leurs fruits que par la suite, les cadences mensuelles passées de trois à neuf chars, entre 1937 et 1939, et finiront par atteindre un chiffre remarquable, vu la complexité du char, en mai 1940, avec 41 véhicules. La production aurait dû encore augmenter à partir de l'été 1940, grâce au remplacement du B1 bis, par un nouveau modèle le B1 ter, dont la production est grandement simplifiée par l'abandon du système Naëder, pour un canon de 75 mm, orientable sur dix degrés. Le B1 ter était prévu avec des blindages latéraux de 70 mm en forme de V, des chenilles protégées par un tunnel en blindage moulé et une nouvelle boîte de vitesse mécanique, beaucoup, moins encombrante. Malheureusement, les études commencées dès 1935, furent retardées à plusieurs reprises. Le prototype, apparût en retard du fait des grèves, put être présenté avec une tourelle de B1 bis, la sienne n'étant prête qu'en 1937. Le premier exemplaire de présérie, sorti en 1939 monté par ARL. Il fut évacué en 1940 à Saint Nazaire, en compagnie du second assemblé à l'usine Five-Lille, mais les deux chars disparurent alors lors du torpillage du navire, le Médecin principal Carvin, qui les évacuait vers l'Afrique du Nord. Seul survécu, le troisième char, en cours de montage chez FCM, qui fut caché aux commissions d'armistice, et servit à des expérimentation en zone libre. Un projet amélioré le B40, avec un blindage de 80 millimètres était aussi envisagé, le train de roulement lui étant destiné servira en 1944, à la production du char ARL 44.