À l'origine, les sociétés Saint Chamond et Schneider auraient dû construire le même char, pour lequel elles avaient reçu chacune une commande de quatre cents exemplaires. Au début de 1916, alors que leur prototype commun, le tracteur A, était en cours de finition dans un atelier de l'armée, le soldat Pierre Lescure conçut le compartiment de combat, et le lieutenant Fouché fit rallonger la suspension pour améliorer le comportement en tout terrain.
Cependant, l'ingénieur en chef de Schneider, Eugène Brillié, rejeta ce premier prototype. Il choisit un nouveau dessin intégrant son invention, une queue permettant de franchir les tranchées avec une longueur de caisse bien inférieure, ce qui rendait possible la création d'un véhicule plus léger.
Brillé et Schneider refusèrent de partager l'invention brevetée de Brillé avec Saint Chamond, et Saint Chamond refusa de verser des royalties à Schneider. Dès lors, les deux compagnies travaillèrent sur deux véhicules très différents, quoique chacun fût dérivé du tracteur A. Schneider développera ainsi le Char Schneider CA1.
Saint Chamond utilisa les relations au ministère de la Guerre d'un de ses directeurs techniques, le "colonel" Émile Rimailho, pour faire modifier les spécifications du char. Les spécifications du ministère demandèrent désormais le montage d'un canon de 75 millimètres à tube long, ce que l'armée n'avait jamais demandé. Le résultat de cette manœuvre rendit le véhicule encore plus encombrant, avec un compartiment de combat encore rallongé et en porte à faux sur l'avant. Malgré tout, le premier prototype du char Saint Chamond fut présenté en septembre 1916.
Il est à noter que la désignation (tracteur A) du prototype d'origine commun à Schneider et à Saint Chamond n'était pas due à une quelconque préoccupation de dissimulation, mais à l'absence d'un terme adéquat à l'époque pour le nommer.