C'était une forteresse au Moyen Âge, destinée à la défense de la vallée du Goul. Celle-ci fut détruite par les troupes anglaises en 1381, puis rebâtie. Il passe dans la famille de Fontanges, puis de Scorailles, et sera considérablement transformée de 1677 à 1720 par Annet Joseph de Scorailles, marquis de Roussilhe, frère de la Duchesse de Fontanges. On suppose que c'est le lieu de sa naissance.
Les patronymes ont changé par suite de mariages de filles héritières :
- Cropière, Monjou du XIV siècle, siècle à 1508
- Fontanges de 1508 à 1616
- Scorailles de 1616 à 1746
- Izarne de Valady de 1746 à 1906
- Chefdebien depuis 1906
Mais le château est resté dans la même famille depuis sept siècles.
Du XVI siècle au début du XVI siècle le château fut habité par les Cropières et les Montjou deux familles qui n'en feront bientôt qu'une seule. En 1508, Anne de Montjou apporte Cropières en dot à Rigal de Fontanges, seigneur de Palmont, sénéchal de l'Agenais, d'une famille venue du pays de Salers, une "des plus considérables de la Haute-Auvergne". Des quatre générations des Fontanges qui se succèderont à Cropières et laisseront le souvenir d'êtres humains et bienfaisants, nous retiendrons Annet et Petre Jean de Sorailles.
Comme les Rastinhac de Messilhac, les Fontanges furent prolifiques "les enfants illégitimes abondaient. Annet en eut jusqu'à neuf : cinq garçons et quatre filles qu'il casa du reste avantageusement en leur faisant épouser les bons partis du voisinage". La fille légitime de Petr-Jean, Guillemine de Fontanges, riche et unique héritière de Cropières défraya la chronique de son temps en voulant épouser l'élu de son cœur Gabriel de la Volpilière avec l'assentiment de sa mère mais à l'encontre de la volonté de son père qui, après de multiples épisodes romanesques et rocambolesques (récit romancé de ces épisodes par Mr C. de Chefdebien dans son livre "Guillemine"), lui fit épouser le 5 août 1616 Louis de Scorailles, issu comme les Fontanges, du pays de Salers et de l'une des familles les plus anciennes et les plus illustres de l'Auvergne.
Les Scorailles occupèrent Cropières pendant quatre génération, le même nombre que les Fontanges. C'est à la fin du XVII siècle que Cropières connut l'apogée de sa gloire. La seigneurie réunit neuf fiefs : Cropières, La Cayrie, La Maisonnade, Morèze, la Roque, Brommet, Lacapelle-Barrez et le Monteil, des montagnes, des forêts, trois moulins, trois péages dont celui de Curebourse, ainsi qu des terres en Limousin et en Gévaudan.
Vers la fin du XVII siècle, Marie-Angélique, fille de Jean-Rigal de Scorailles et d'Eléonore de Plas devint l'une des favorites éphémère du roi Louis XIV qui la fit duchesse de Fontanges (épisode romancé raconté par Claude Grimmer dans son Livre Mon tout, mon roi). Le frère d'Angélique, Annet Joseph acheta la charge de lieutenant du roi en la province d'Auvergne, charge qu'il transmit à ses descendants.
C'est le fils d'Annet Joseph, Louis Théodose de Scorailles qui entreprit les grands aménagements qui donnèrent au château de Cropières son aspect d'ensemble actuel. L'ancienne forteresse féodale fut entièrement transformée : les tours, créneaux, défenses qui n'avaient plus d'utilité furent abattus et à l'aile principale nord fut ajoutée l'aile ouest, dans laquelle ont créa une grande pièce de réception somptueusement aménagée, aux murs tapissés de lambris décorés de peintures. C'est donc vers 1720 que le château prit sa configuration actuelle : les Scorailles avaient été à la Cour et se souvenaient des splendeurs de Versailles.
Louis Théodose mort sans enfant institua légataire universel son neveu : Jacques Antoine de Freyssinet de Valady (1746). L'abandon du Château de Cropières fut l'une des conséquences de la révolution de 1789. En 1793, et malgré les témoignages de fidélité efficace des deux fermiers successifs (Mondot et Bastide) le Comte de Valady quitta Cropières et ne revint jamais y habiter. L'une de ses descendantes épousa le baron de Chefdebien Zagarriga. Actuellement le Château de Cropières est toujours la propriété de la famille De Chefdebien.