Divonne devint au XII siècle le chef-lieu d'une importante seigneurie, à quatre kilomètres de la ville de Gex. Elle s'étendait au sud, de la pierre de Mourex, bloc erratique visible encore aujourd'hui entre le village de ce nom et celui de Grilly, au nord jusqu'à Asyin. À l'ouest, ses limites dépassaient les crêtes boisées du Jura.
Elle appartint d'abord à Walcher de Divonne et à son frère, Étienne de Gingins qui, en 1123, firent don de leur terre de Bonmont à des moines qui vivaient dans la région. Cette donation constitue l'acte de fondation de l'abbaye édifiée à cette époque et dont les restes sont encore imposants.
Divonne passa au XIII siècle chez les sires de Gex, puis chez les Joinville, famille du célèbre chroniqueur. Le seigneur, en était, en 1356, Amé II de Joinville, dont la fille Aymonette épousa Jacques de Gingins. C'est ainsi que le château revint à la famille de ses premiers propriétaires. Les Gingins, originaires de la Suisse romande, étaient de puissants dynastes qui figurèrent avec éclat à la cour de Savoie.
Leur descendant, Laurent de Gingins, fut le dernier baron de Divonne de sa lignée. Il épousa Jeanne de Symond qui, veuve en 1653, se remaria avec Gilbert de La Forest, seigneur de Rumilly, et lui légua Divonne en 1660. La seigneurie relevait du roi de France. C'est ainsi que le fils de Gilbert, Albert-Eugène de La Forest, héritier de son père, quittant les états de la maison de Savoie, pour s'installer à Divonne, devint sujet français et ses descendants, après lui.