Château de Saulxures

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Introduction

Château de Saulxures
Château de Saulxures
Nom localVersailles vosgien
Période ou style
TypePalais
ArchitecteCharles Perron
Début construction1854
Fin construction1861
Propriétaire initialJean-Thiébaut Géhin
Protection Inscrit MH
Latitude

Longitude
47° 56′ 51″ Nord

6° 46′ 04″ Est / 47.9475, 6.7678
PaysFrance France
Région historiqueLorraine
RégionLorraine
DépartementVosges
Commune françaiseSaulxures-sur-Moselotte

Le château de Saulxures, dit Versailles vosgien ou le petit Versailles, construit sous le Second Empire de 1854 à 1861 sur les plans de l'architecte Charles Perron, est situé sur la commune de Saulxures-sur-Moselotte dans les Vosges.

Commandé par la veuve d’un industriel durant l’âge d’or de l'industrie textile et l'expansion industrielle de cette partie des Vosges au XIX siècle, il est aujourd’hui à l’abandon, voire menacé de démolition.

Histoire

L'industrialisation de la vallée de la Moselotte est essentiellement marquée par Jean-Thiébaut Géhin, né en 1796 à Ventron. Il a en effet créé dès 1825, à Saulxures-sur-Moselotte, la première filature mécanique à moteur hydraulique de l'arrondissement de Remiremont avant de disparaître prématurément à 46 ans, après avoir été maire et conseiller général du canton durant ses douze dernières années.

La construction du château, par la veuve d’un grand industriel puis le fait que la veuve de Jean-Thiébaut, Elisabeth Géhin, ait dépensé près de 2 000 000 de francs pour le château alors qu'en 1861, ses deux filatures avaient une valeur de 1 150 000 F. et les deux tissages une valeur de 501 000 F témoignent de l’attachement des acteurs à ce qui touche à cette époque prospère du textile.

Architecture

Comme le rappelle l’association Les Amis du château de Saulxures-sur-Moselotte, les dimensions, l’architecture et la décoration sont de grande qualité : parquet en marqueterie, larges cheminées en marbre de Carrare, escaliers somptueux, plafonds peints par Félix Haffner, sculptures multiples, tapisseries monumentales, rien n’avait été trop beau pour la construction de cet édifice de style Louis XV, réalisé par les plus grands artistes de l'époque.

En outre, les prototypes des cariatides en plâtre sont conservés au Louvre alors que les originaux n’ont pas être préservés…

Les grilles, œuvres de Desforges, Brochon et des frères Festugières étaient les copies de celles de la place Stanislas à Nancy. Mieux, elles s’ouvraient sur un perron flanqué de quatre splendides cariatides, immortalisant les quatre saisons, œuvres du sculpteur Georges Clère, un des décorateurs du nouveau Louvre de Napoléon III.

C'est la maison Jeanselme Père et Fils, fournisseur du mobilier de la Couronne sous Louis-Philippe Ier et Napoléon III, qui meubla le château.

À l'origine, deux grandes verrières reliaient le bâtiment principal aux deux dépendances.

Les façades, toitures et dépendances du château sont inscrites en tant que monuments historiques, par arrêté du 21 décembre 1984

Les personnages célèbres qui ont séjourné au château

De nombreuses personnes se mobilisent en faveur du sauvetage du château, certains ont rappelé l'histoire du château et l'histoire des filatures dans la vallée, d'autres insistent sur les personnages célèbres qui ont séjourné au château :

  • le politicien Adolphe Thiers, deuxième président de la République française,
  • Gabriel Pierné, compositeur de musique, organiste et chef d'orchestre français,
  • Lise Deharme, romancière et poétesse française et l’une des muses du surréalisme.

Au cours de l’occupation allemande, le château a été épargné et durant les combats de la libération en 1944, une grande partie de la population du village a trouvé protection dans les caves.

Puis ce fut l’Armée française et le PC de la 3 DIA qui reçut la visite du général de Lattre de Tassigny et du général de Gaulle.

Aujourd'hui

Le château a été abandonné depuis 1972. Plusieurs projets de reprise avaient été envisagés, mais aucun n'a abouti. Les intempéries ont alors fait leur œuvre : les toitures et plafonds se sont écroulés, mais il subsiste la structure en bon état avec son soubassement en blocs de granit énormes, ses parements en grès et ses nombreuses sculptures. L’intérieur a par ailleurs été pillé et vandalisé.

Historiquement et au regard de la qualité de l’ensemble, le classement au titre de la loi du 31 décembre 1913 pourrait, semble-t-il, être proposé pour donner une nouvelle vie à ce monument. Mais une instance de classement notifiée en date du 26 décembre 1983 n'avait pas eu de suite. A défaut du consentement du propriétaire, le classement d'office peut seul être prononcé, sous réserve de faire l'objet d'un décret en Conseil d'État, pris après avis de la Commission nationale des monuments historiques .