Architecte

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Introduction

Architecte
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Architecte sur une planche à dessin, 1893
Appellation(s)Architecte
Secteur(s) d'activitéBâtiment - Ingénierie
Compétences requisesArchitecture

Gestion de projets
Niveau de formationEn France

Bac+6 (ancien cursus, DPLG)

Bac+5 (nouveau cursus + 1 an HMO)

Ecole d'architecture
Perspectives professionnellesbureau d'architectes
Professions voisinesdessinateur en bâtiment - Ingénieur -Architecte d'intérieur

Architecte d'un médaillon de Semur-en-Auxois relevé par Viollet-le-Duc

L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une société ou une collectivité publique.
Il peut être une personne physique ou personne morale (société d'architecture). En général, pour exercer cette profession il faut être diplômé d'une école d'architecture, couvert par une assurance professionnelle et inscrit au Registre professionnel des architectes du pays où se trouve la construction.

Les missions de l'architecte, appelées maîtrise d'œuvre, sont définies par un contrat d'architecte qui est passé préalablement avec le propriétaire et qui définit l'étendue de sa mission qui peut porter sur différentes sortes de projets : maison, bâtiment public, commercial ou industriel, lotissement, parc, réhabilitation, entretien, urbanisme, etc.

Architecte : un mot, un métier

Origine du mot

La première mention connue du mot architecte - αρχιτεκτων - apparaît au V siècle avant J.-C. dans le livre d'Hérodote, Histoires (3, 60) décrivant le tunnel de Samos : "l'architecte chargé de ce travail fut le Mégarien Eupalinos, fils de Naustrophos".
Le mot est composé de αρχι - 'archi', chef de - et de τεκτων - 'tekton', charpentier.
Hérodote utilise ce mot pour le constructeur du pont de bateaux permettant de franchir le Pont-Euxin (Histoires 4,88): "Darius fut très satisfait de ce pont de bateaux et récompensa richement son architecte, Mandroclès de Samos".
Pour Hérodote, le mot architecte donné à Eupalinos qui est un des "auteurs des trois plus grands ouvrages que possède la Grèce" ou à Mandroclès de Samos n'a pas pour lui le sens qu'il a pris aujourd'hui.
Il est possible que ce mot ait été utilisé parce que les premiers temples étaient construits en bois.

Le mot tekton apparaît chez Homère ou chez Sophocle où il désigne un sculpteur.

Tous les premiers architectes de l'époque archaïque grecque ont laissé leur nom dans l'histoire par les prouesses techniques de leurs constructions.

Il est possible que dès les temps archaïques, le mot "architecton" désigne celui qui commande les ouvriers.
On retrouve cette défintion dans "Le Politique" de Platon où on trouve en 259e :

L'étranger : C'est, au surplus, que quiconque est maître bâtisseur (αρχιτεκτων) ne fait pas personnellement office d'ouvrier maçon (ergaticos, εργατικός), mais est le maître qui commande à ces ouvriers (ergaton archon: εργατών άρχων)".

Socrate le jeune : Oui

L'étranger : Et c'est, je pense, en tant qu'il apporte à l'œuvre la contribution d'une connaissance théorique, mais non celle d'opérations manuelles.

...

L'étranger : ... il sied en vérité à celui-ci, une fois qu'il s'est prononcé, de ne pas se croire au bout; pas davantage de se tenir pour quitte, ..., mais au contraire de prescrire à chacun des ouvriers maçons la tâche qui justement lui convient, jusqu'à ce qu'ils aient achevé de réaliser le travail qu'il a été prescrit d'exécuter.

Dans la Métaphysique, Aristote a opposé l'architecton au travailleur manuel (cheirotechnès, χειροτέχνης).

Vitruve : De Architectura

Villard de Honnecourt et le dessin d'architecture

Architecteur

Le mot apparaît en français dans un texte de Christine de Pisan parlant du roi Charles V dans le "Livre des fais et bonnes meurs du Sage Roy Charles V" qui fust sage artiste et se demostra vray architecteur et deviseur certain et prudent ordeneur, lorsque les belles fondations fist faire en maintes places, notables édifices beaulx et nobles tant d'églises que de chasteaulxet austres bastiments à Paris et ailleurs".
Charles V avait choisi comme architecte Raymond du Temple qui est d'abord mentionné comme maçon avant de devenir en 1364 son "maître de maçonnerie dans la Prévôté de Paris". Il apparaît dans les comptes sous le titre de maçon du roi ou maître maçon du roi ou maître de nos œuvres de maçonnerie. Dans un acte du 18 septembre 1388 du parlemnt de Paris il porte le titre de "maistre maçon des euvres du roy pour tout son royaume".
Le roi Charles V, le maître d'ouvrage, est l'architecteur, tandis que l'homme de métier, le maître d'œuvre, Raymond du Temple, qui construit les bâtiments du roi est le maître maçon des œuvres du roi.

La profession d'architecte

La directive n°85/384 du Conseil des communautés européennes du 19 juin 1985 impose à tous les État membres de la communauté européenne des obligations en vue de la reconnaissance mutuelle des diplômes, certificats et autres titres du domaine de l'architecture et de l'exercice effectif du droit d'établissement.

Dans le cadre de l’harmonisation européenne de l’enseignement supérieur, l’enseignement a par ailleurs été réformé. En effet, afin de promouvoir une meilleure coopération entre les établissements d’enseignement supérieurs des différents pays européens, une harmonisation des diplômes était nécessaire. Le 19 juin 1999, les représentants de 29 pays européens sont parvenus à un accord et ont signé la déclaration de Bologne qui va dans ce sens. Cette harmonisation s’appuie sur un système de diplômes facilement comparables d’un pays à l’autre, permettant une plus grande lisibilité des cursus offerts et une mobilité accrue des étudiants. Pour cela le système mis en place se fonde sur trois niveaux de diplômes : La LIcence (bac + 3), le MAster (bac + 5), le DOctorat (bac + 8). Le nom de ce nouveau système est LIMADO ; il est appelé aussi 3/5/8. Chaque année sera partagée en deux semestres au cours desquels les étudiants acquerront des crédits, les ECTS (european transfer system), dont l’addition leur donnera accès à un diplôme.

En France

La profession d'architecte est historiquement établie comme une profession libérale. Cependant certains architectes sont fonctionnaires, comme les architectes des bâtiments de France, les architectes voyers, ou vacataires de l'administration, comme les architectes-conseils du ministère chargé de l’équipement et du logement et exercent leurs fonctions dans les administrations centrales ou les Directions départementales de l'équipement, d'autres encore sont salariés d'associations, comme les architectes-conseillers des "conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement" (CAUE) qui n'exercent pas de missions de maîtrise d'œuvre mais de conseil. Ils ont vocation à exercer des missions : dans la mise en œuvre d'une politique des villes, des quartiers et de l'habitat ; l'amélioration de la qualité architecturale et urbaine ; la promotion, la diffusion des savoirs - faire et l'innovation.etc. D'autres interviennent comme architectes expert judiciaire, ou architecte expert d'assurance.

Il a été demandé à la France comme aux autres États membres de mettre en œuvre sur son territoire la directive n°85/384 du Conseil des communautés européennes du 19 juin 1985, par l'adoption de dispositions modifiant le droit interne dans le sens d'une ouverture aux ressortissants et aux diplômes provenant de ces autres États. Par ailleurs, les ressortissants communautaires ayant acquis un titre en dehors de l’Union européenne et reconnu par elle, peuvent, sous certaines conditions, exercer la profession d’architecte en France conformément aux dispositions de la directive 2001/19/CE du 14 mai 2001 relative à la reconnaissance des diplômes et qualifications professionnelles.

En Belgique

En Suisse

Au Canada

Les conditions de recours à un architecte en France

En France, la loi du 3 janvier 1977 sur l’architecture réserve le port du titre d'architecte aux seuls membres de la profession. Elle a fixé les conditions d'intervention des architectes.

  • Article 3. Quiconque désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation de construire doit faire appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire, sans préjudice du recours à d'autres personnes participant, soit individuellement, soit en équipe, à la conception. Cette obligation n'exclut pas le recours à un architecte pour des missions plus étendues.

Le projet architectural mentionné ci-dessus définit par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. Même si l'architecte n'assure pas la direction des travaux, le maître d'ouvrage doit le mettre en mesure dans des conditions fixées par le contrat, de s'assurer que les documents d'exécution et les ouvrages en cours de réalisation respectent les dispositions du projet architectural élaboré par ses soins. Si ces dispositions ne sont pas respectées, l'architecte en avertit le maître d'ouvrage.

  • Article 4 modifié par la loi n°2005-157 du 23 février 2005 art. 30 (J.O. du 24). Par dérogation à l'article 3 ci-dessus, ne sont pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques ou exploitations agricoles à responsabilité limitée à associé unique qui déclarent vouloir édifier ou modifier, pour elles-mêmes, une construction de faible importance dont les caractéristiques, et notamment la surface maximale de plancher, sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. Ces caractéristiques peuvent être différentes selon la destination des constructions.

Le recours à l'architecte n'est pas non plus obligatoire pour les travaux soumis au permis de construire ou à l'autorisation, qui concernent exclusivement l'aménagement et l'équipement des espaces intérieurs des constructions et des vitrines commerciales ou qui sont limités à des reprises n'entraînant pas de modifications visibles de l'extérieur.

  • Article 5. Les modèles types de construction et leurs variantes, industrialisés ou non, susceptibles d'utilisation répétée doivent, avant toute commercialisation, être établis par un architecte dans les conditions prévues à l'article 3 ci-dessus et ce, quel que soit le maître d'ouvrage qui les utilise.

Les différents types de missions de l'architecte

Le décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d'œuvre confiées par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé définit en détail les différents types de missions de l'architecte

Comment travaille l'architecte ?

Le travail de l'architecte réalisant un bâtiment est précisé dans le contrat d'architecte qui décrit sa « mission ». Celle-ci comprend tout ou partie des 3 phases successives suivantes :

  1. la conception comprend la création générale du bâtiment : forme, disposition, principe constructif. Elle se traduit par des dessins, des modèles informatiques ou des maquettes.
  2. la phase des études qui comprend les calculs (fondations, etc.), les études techniques (passage des conduites d'eau, disposition des ascenseurs, etc.), l'optimisation de la consommation d'énergie, la durabilité, etc. Ces études sont fréquemment réalisées avec le concours d'ingénieurs spécialisés dans un domaine précis, l'architecte jouant dans ce cas le rôle de "chef d'orchestre." Elles se traduisent par des nomenclatures techniques (désignés "les descriptifs") et des plans techniques qui sont des dessins très précis.
  3. la direction de l'exécution. L'architecte organise un appel d'offre pour permettre aux entreprises de travaux d'établir des devis correspondants aux travaux tels que prévus par les descriptifs et les plans. Le client choisit les entreprises réalisatrices et passe un contrat avec chacune d'elles. Enfin, l'architecte dirigera le chantier et coordonnera l'intervention des entreprises réalisatrices de manière à ce que le bâtiment construit réponde aux attentes du client.

Variante : l'architecte bâtisseur. Celui-ci réalise la conception et les études techniques comme ci-dessus. Par contre il assure en plus la responsabilité globale (Contrat clé en main) de la réalisation du bâtiment en étant l'unique interlocuteur du client à qui il garantit - sous sa responsabilité - le prix final, le délai de réalisation et la satisfaction des besoins. Pour son client il est donc "Contractant général" c'est-à-dire conception + études + travaux.

Le statut légal des architectes

En France

En France, le titre d'architecte est protégé par la loi du 3 janvier 1977, et toute personne qui veut exercer la profession d'architecte doit être inscrite à l'Ordre des architectes, respecter le Code de déontologie et acquitter une cotisation annuelle.

En Belgique

En Belgique, le titre d'architecte est protégé par la loi du 20 février 1939, et toute personne qui veut exercer la profession d'architecte doit être inscrite à l'Ordre des architectes, respecter le Code de déontologie, acquitter une cotisation annuelle et être assuré pour sa responsabilité civile.

Au Canada

Au Canada, pour pratiquer et porter le titre d'architecte, l'on doit être reconnu par un Ordre provincial. Pour ce faire, on doit aujourd'hui être détenteur d'une maîtrise en architecture (M.Arch) dispensée par une école d'architecture reconnue et généralement obtenue en 6 à 8 ans. De plus, pour obtenir le droit de pratique, une période de stage auprès d'architectes enregistrés doit être complétée et des examens supplémentaires administrés par les ordres provinciaux doivent être réussis. Le titre d'architecte et le champ de compétence sont définis et protégés au niveau provincial. Chaque province dispose de sa propre législation visant à encadrer la profession d'architecte.

Québec

Au Québec, c'est la Loi sur les architectes qui s'applique. Cette loi fait de la profession d'architecte une profession à exercice exclusif. Seuls les membres de l'Ordre des architectes du Québec ont donc le droit d'utiliser le titre d'architecte et de préparer les plans et devis d'architecture pour les travaux et les édifices qui sont définis dans la Loi.

La Loi sur les architectes et le Code des professions sont complétés par les règlements de l'Ordre, parmi lesquels on retrouve le Code de déontologie qui décrit les règles de conduite de l'architecte envers le public, ses clients et la profession.

Formation

En France

De 5 à 6 ans. D'autre part, il est maintenant possible d'effectuer un bicursus Ingénieur architecte en 7 à 8 ans grâce au partenariat entre des écoles d'ingénieurs et des écoles d'architectures.

Au Canada

De 4 à 5 ans plus 3 ans de stage?

En Suisse

De 4 à 8 ans