Introduction
En biologie, le terme, introduit en 1964, de coévolution désigne les transformations qui se produisent au cours de l'évolution de deux espèces vivantes suite à leurs influences réciproques.
Le phénomène de coévolution est souvent observé dans les relations entre les parasites et leurs hôtes où il s'agit de coévolution compétitive, mais il existe aussi de nombreux cas de coévolution coopérative, par exemple dans les cas d'interactions durables évoluant éventuellement vers la symbiose entre deux espèces. Outre la sélection écologique, la sélection sexuelle peut elle aussi conduire à une coévolution mais intraspécifique puisque mettant en jeu les individus mâles et les individus femelles au sein d'une même espèce. Ce phénomène s'observe notamment dans les stratégies et les contre-stratégies reproductives mises en œuvre par chaque sexe au cours de l'accouplement mais aussi dans les phases pré- et post-copulatoire afin de s'assurer le contrôle de la fertilisation.
La coévolution a surtout été étudiée à travers les relations duelles de types prédateur-proie, hôte-parasite ou symbiose mais la coévolution peut aussi concerner des associations de plusieurs espèces (de nombreux parasites ont trois hôtes successifs, voire plus). Les travaux de recherche contemporains en biologie de l'évolution visent notamment à cerner le rôle et l'importance de la coévolution dans l'histoire évolutive des espèces afin de savoir s'il s'agit là d'un mécanisme véritablement fondamental ou plutôt anecdotique. De même, en s'appuyant sur l'existence du conflit sexuel, le biologiste Thierry Lodé privilégie le rôle de ces interactions antagonistes, notamment sexuelles, et des déplacements de caractères dans les processus évolutifs conduisant à une co-évolution antagoniste.
Les processus coévolutifs ont été modélisés par Leigh Van Valen sous le nom de théorie de la reine rouge pour insister sur le fait que les interactions entre organismes conduisent à des courses évolutives permanentes.