En fait, la conjecture abc ne permettrait pas exactement de montrer le théorème de Fermat, mais une version asymptotique dans le sens où on montre qu'il existe N tel que pour tout n≥N, x + y = z n'a plus de solutions entières. Ce N serait cependant explicite car comme nous allons le voir dépendant du Cε, explicitement donné par la démonstration du théorème abc.
En prenant un ε quelconque (ou 1 pour fixer les idées), lorsque x + y = z et qu'ils sont tous non nuls, on peut se ramener à ce qu'ils soient premiers entre eux en divisant par le pgcd des trois, et on a donc: ∣x∣n≤max(∣x∣n,∣y∣n,∣z∣n)≤KϵN0((xyz)n)1+ϵ or N0((xyz)) = N0(xyz)
donc, en écrivant la relation précédente pour | y | et | z | et en les multipliant toutes les trois, on obtient: ∣xyz∣n≤Kϵ3N0(xyz)3(1+ϵ) et N0(xyz)≤∣xyz∣ donc ∣xyz∣n−3(1+ϵ)≤Kϵ3 or x, y et z sont tous non nuls et on vérifie aisément qu'ils ne peuvent être tous de valeur absolue égale à 1, donc ∣xyz∣≥2. Finalement, on obtient: 2n−3(1+ϵ)≤Kϵ3, ce qui fournit une valeur limite à n dépendant explicitement de Kε.