Crochet de Poisson

Restez toujours informé : suivez-nous sur Google (☆)

Introduction

En mécanique hamiltonienne, on définit le crochet de Poisson de deux observables A et B, c'est-à-dire de deux fonctions sur l'espace des phases, par :

où les 2N variables canoniques sont :

  • les N coordonnées généralisées {q}i = 1,...,N.
  • les N moments conjugués {pi}i = 1,...,N.

Propriétés

  • Le crochet de Poisson est antisymétrique :
  • Le crochet de Poisson satisfait à l'identité de Jacobi :
  • Les variables canoniques sont liées par les relations :
  • \dfrac{\part}{\part t}\{A,B\} \ = \left\{\dfrac{\part A}{ \part t},B \right\}+ \left\{A,\dfrac{\part B}{ \part t} \right\} car les dérivées partielles commutent.

Équations canoniques

Soit H(q,pi) le hamiltonien du système considéré. Les équations canoniques de Hamilton se réécrivent à l'aide du crochet de Poisson sous la forme :

et :

ou encore, de manière unifiée :

E est l'espace des phases associé à la formulation hamiltonienne.

Évolution d'une observable quelconque

Cas général

Soit une observable A, c’est-à-dire une fonction sur l'espace des phases dépendant des moments et des coordonnées généralisées. Il résulte des relations précédentes que :

désigne la dérivée partielle de A par rapport à une éventuelle dépendance explicite de A par rapport au temps.

Cas de l'énergie totale

On obtient pour l'énergie totale du système :

puisque {H,H} = 0 par antisymétrie.

Théorème de Poisson

Si A et B sont deux « intégrales premières » du système, c'est-à-dire si , alors en est une aussi.

Démonstration :

Dans le cas où A et B ne dépendent pas explicitement du temps : d'après l'identité de Jacobi, on a .

Or et , donc .

Comme ne dépend pas non plus explicitement du temps, on a .

D'où la conclusion pour ce cas.

Dans le cas général : on a

En utilisant l'identité de Jacobi et l'égalité utilisant les dérivées partielles, on obtient

La conclusion dans le cas général est alors évidente.

Quantification canonique

L'intérêt du crochet de Poisson est qu'il permet de passer facilement à la quantification dans le formalisme algébrique de Heisenberg de la mécanique quantique. Il suffit en général de faire une substitution :

où [.,.] désigne le commutateur, pour obtenir les relations de commutation des opérateurs dans le formalisme de Heisenberg à partir des crochets de Poisson des observables classiques. La même stratégie est applicable à la quantification d'un champ classique.