Dès les années 1920, le conseiller d'État socialiste André Oltramare ouvre un débat sur la création d'une école moyenne en souhaitant que les élèves de la classe ouvrière aient ainsi la possibilité de faire des études.
Au début des années 1960, cette idée réémerge par l'entremise du conseiller d'État radical Alfred Borel, chef du département de l'instruction publique, qui prépare un projet en réponse à une initiative des jeunes radicaux datant de 1961 et demandant la démocratisation des études. Au départ, il est prévu que la 7 année soit mise sur pied sous la forme d'un tronc commun.
Mais Borel ne peut mettre en œuvre son projet en raison de sa non-réélection aux élections de 1961. C'est son successeur socialiste André Chavanne qui met en place et développe véritablement le système actuel avec l'encouragement des communes genevoises qui voient là une occasion de réduire le nombre d'écoles qu'elles doivent construire puisque la création du cycle d'orientation réduit d'un an la durée de la scolarité primaire.
Ainsi, à la rentrée 1962, les différents types d'études longues ou courtes (humanistes ou professionnelles) sont regroupés dans une institution unique dénommée cycle d'orientation. Mais face à une levée de boucliers, en particulier des syndicats patronaux, Chavanne doit se résoudre à renoncer au tronc commun pour la 7 année pour ne pas mettre en péril toute la réforme.
Le premier établissement du genre, celui de la Florence, qui est destiné aux seules jeunes filles, est ouvert. La mixité ne sera introduite dans les différents cycles d'orientation qu'en 1969.
Chavanne, chargé du département de l'instruction publique jusqu'en 1985, complétera cette réforme. Il favorise également la démocratisation des études par diverses mesures financières. C'est pourquoi il est reconnu comme le véritable père des réformes du système éducatif genevois comme le cycle d'orientation, mais aussi le collège du soir, l'école de culture générale et l'université du 3 âge.