De peur que les ténèbres

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Introduction

De peur que les ténèbres
Illustration de De peur que les ténèbres
Couverture de l'édition française de 1972
AuteurLyon Sprague de Camp
GenreScience-fiction, Uchronie
Version originale
Titre originalLest Darkness Fall
Éditeur originalHenry Holt and Company
Langue originaleAnglais
Pays d'origineÉtats-Unis États-Unis
Date de parution originale1941
Version française
TraducteurChristian Meistermann
Date de parution1972

De peur que les ténèbres (titre original Lest Darkness Fall) est un roman de science-fiction, plus précisément une uchronie écrite en 1939 par l'auteur américain Lyon Sprague de Camp. La première édition française, traduite de l'anglais par Christian Meistermann, paraît chez l'éditeur belge Marabout dans la collection "Science fiction" n°405 en 1972. Puis suivront une réédition chez les Nouvelles Éditions Oswald dans la collection "Fantastique/SF/Aventure" n°70 en 1983 et une autre chez Les Belles Lettres dans la collection "Le Cabinet noir" n°28 en 1999. Le titre, traduit littéralement de l'anglais "Lest darkness fall" semble être tiré de l'évangile selon saint Jean.

Le livre est souvent considéré comme l'un des meilleurs exemples d'uchronies; du moins fut-il l'un des plus influent. Devenue rapidement un classique aux États-Unis, il a été recommandé par l'American Booksellers Association comme devant figurer parmi les meilleurs livres de science fiction. L'auteur d'uchronies Harry Turtledove déclara que l'ouvrage avait éveillé chez lui l'intérêt pour le genre aussi bien que le désir d'étudier l'histoire byzantine.

Intrigue

De peur que les ténèbres raconte l'histoire d'un archéologue américain nommé Martin Padway qui visite le Panthéon à Rome en 1938 lorsqu'un éclair le frappe, le projetant dans la Rome du VIème siècle (535 après J.C).

La période ou Padway arrive est l'un des plus sombres : L'Italie est dirigée par les Ostrogoths, qui ont récemment renversés l'Empire romain d'Occident, mais qui règnent de manière plutôt libérale, accordant par exemple la liberté de culte.

Padway est tout d'abord déconcerté, penchant tantôt pour un rêve, tantôt pour une hallucination. Il accepte néanmoins rapidement la réalité et se résout à survivre à cet age. Il décide premièrement de vendre du brandy de son cru pour vivre, en convaincant pour ce faire Thomasus le Syrien un banquier qui lui apporte les fonds nécessaire à son activité.

Mais Martin Padway continue et développe la comptabilité, l'imprimerie, sort un journal, et construit une ligne de communications utilisant des sémaphores. Pourtant ses efforts pour créer une montre mécanique, de la poudre noire et un canon sont des échecs. Malgré ses espoirs en la technologie et les sciences, il s'implique de plus en plus dans la politique du royaume alors que l'Italie est envahie par les Impériaux et menacée au sud et à l'est.

Padway sauve le roi déchu Thiudahad et devient son questeur. Il utilise l'appui du roi pour rassembler des troupes et défaire le général byzantin Bélisaire puis, décevant l'armée dalmate, rétablis le sénile Thiudahad en emprisonnant le roi Witiges, le gardant comme otage. En 537, quand Witiges est tué et Thiudahad déclaré fou, Padway fait monter sur le trône son protégé Urias, le mariant avec Mathaswentha pour devenir roi des Ostrogoths. Il piège aussi Justinien dégageant Bélisaire de son serment d'allégeance envers lui et enrôle rapidement ce génie militaire afin de mener une armée contre les Francs.

Le débarquement de l'armée impériale à Vibo et la rébellion menée par le fils de Thiudahad menacent le royaume Ostrogoth dont l'armée est détruite dans la vallée de Crathis. Padway rassemble alors de nouvelles forces, proclame l'émancipation des serfs italiens et rappelle auprès de lui Bélisaire. Les armées s'affrontent près de Calatia puis de Benevento. En dépit de l'indiscipline notoire des forces ostrogothes, quelques simples tours tactiques et l'arrivée à pic de Bélisaire assurent la victoire à Padway.

A la fin du roman Padway a stabilisé avec succès le royaume Italo-Gothique, introduit une constitution, arrangé la fin du servage, libéré les Burgondes, prépare une expédition transatlantique et est entré en négociations avec le royaume Visigoth dans la péninsule ibérique. L'Europe ne fera pas l'expérience de l'Âge sombre grâce à l'action de Padway : Les ténèbres sont conjurées.

Personnages principaux

  • Martin Padway (Ou Martinus Paduei) - Archéologue américain transporté de la Rome de 1938 à son équivalent de 535.
  • Thomasus le Syrien - Banquier et confident de Padway faisant souvent référence à son "ami Dieu"
  • Fritharik - Ancien noble Vandale, qui devient garde du corps et homme de main de Padway.
  • Thiudahad - Roi des Ostrogoths et des Italiens déchu et remplacé par Wittiges, mais ramené par l'influence de Padway.
  • Urias - Neveu de Wittiges et allié de Padway. Il devient roi après que Thiudahad soit déclaré inapte à l'exercice du pouvoir.
  • Thiudegiskel - Fils de Thiudahad.
  • Mathaswentha - Fille de Amalswentha et liaison temporaire de Padway qui se marie finalement avec Urias.
  • Bélisaire - Général de l'Empire romain d'Orient. Après la rupture de son allégeance, il rejoint l'armée ostrogothe.

Critiques

On pourrait voir dans "De peur que les ténèbres" une expression de l'impérialisme américain car en projetant le personnage principal dans le passé, cet américain type à la recherche de Brandy et de tabac, c'est non seulement la technologie du XXème siècle que l'auteur transporte, mais aussi la mentalité occidentale, qu'elle soit brillante (Abolition de l'esclavage, refus du meurtre, etc) ou moins noble (Sens des affaires, publicité, etc). Le but poursuivit est ainsi de "conjurer les ténèbres" que constituent le Moyen Âge pour l'historien des technologies qu'est Sprague de Camp. Néanmoins l'intérêt du livre réside plus dans la démonstration qu'effectue l'auteur en imaginant la genèse d'inventions futures en ces temps troubles et peu enclins au progrès technique. Cela est rendu possible par la simplicité des innovations, qui rend plausible leur introduction anachronique et donne sa force au roman.