ELIZA fonctionnait par simple reconnaissance de formes et substitution des mots-clés dans les phrases produites. Typiquement, une affirmation « A » peut recevoir en retour la question « Pourquoi dites-vous que A ? ». Quelques connaissances de rattachement entre mots lui permettaient de renvoyer l’interlocuteur à un sujet plus large. « Parlez-moi de votre famille » est la réponse donnée à toute question comportant un mot-clé comme « mère » ou « fils ». À noter que ces transformations sont plus simples en anglais, langue de fonctionnement d’ELIZA.
Weizenbaum insiste dans son livre sur le fait que même si Eliza écrit « Je comprends… » à titre de protocole de politesse programmé envers l’interlocuteur, il s’agit évidemment d’une déclaration abusive : Eliza ne comprend en réalité rien du tout de ce qui lui est transmis, il se contente de former des phrases à partir de modèles pré établis, enrichis par les mots clés trouvés dans les réponses du patient. Dit par ELIZA, « je comprends » possède en fait une connotation ironique : il s’agit en effet d’une de ses réponses à utiliser quand il n’a rien trouvé dans la phrase précédente lui permettant de construire une réponse plus adaptée (voir la chambre chinoise de John Searle pour le problème de la compréhension).
ELIZA se contente de relancer son interlocuteur, contrairement aux agents conversationnels de renseignement, qui sont conçus pour donner des réponses utiles en utilisant sa base de données.