Énergies renouvelables en Islande

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Introduction

Énergies renouvelables en Islande
La centrale géothermique de Nesjavellir

La centrale géothermique de Nesjavellir
Bilan énergétique (2008)
Offre d'énergie primaire (TPES)227,6 PJ

(5,4 M tep)
par agentélectricité : 80,9 %

pétrole : 16,1 %

charbon : 1,8 %
Énergies renouvelables80,9 %
Consommation totale (TFC)227,6 PJ

(5,4 M tep)
par habitant711,3 GJ/hab.

(17 tep/hab.)
par secteur
Électricité (2008)
Production16,47 TWh
par filièrehydro : 75,5 %

autres : 24,5 %

thermique : 0 %
Commerce extérieur (2008)
Importationspétrole : 40,9 PJ
Sources
https://www.statice.is/

Environ 81 pour cent de la production d'énergie primaire totale en Islande provient des sources d'énergies renouvelables du pays. En 2007, la géothermie représentait environ 66 pour cent de l'énergie primaire, la proportion d'énergie hydraulique était de 15 pour cent, et les combustibles fossiles (principalement le pétrole) 19 pour cent. Le principal usage de l'énergie géothermique est le chauffage, la chaleur étant distribuée au bâtiments grâce à un important réseau de chaleur. Environ 85 pour cent des maisons islandaises sont chauffées grâce à la géothermie.

Les énergies renouvelables constituent la totalité de la production électrique, avec environ 70 pour cent venant de l'énergie hydraulique et 30 pour cent de la géothermie. La plupart des centrales hydroélectriques sont détenues par Landsvirkjun (la compagnie nationale d'énergie), qui est le principal fournisseur électrique en Islande.

Le pays est classé 52ème dans la liste des pays par émissions de dioxyde de carbone par habitant, émettant 62% moins par habitant que les Etats-Unis., bien qu'utilisant plus d'énergie primaire par habitant.

Un important potentiel énergétique

Géologie

La géologie unique de l'Islande offre un grand potentiel pour la production d'énergies renouvelables. L'islande est située sur la dorsale médio-atlantique et à l'aplomb d'une remontée d'un panache de manteau. La combinaison de ces deux volcanismes fait de l'île l'une des zones tectoniques les plus actives du monde. Il y a plus de 200 volcans en Islande, et plus de 600 sources chaudes, principalement situé sur un axe sud-ouest nord-est. Il y a plus de 20 sources de température supérieure à 150 °C; beaucoup d'entre elles atteignent des température de 250 °C.Ceci permet à l'Islande d'exploiter l'énergie géothermique que cela soit pour chauffer les bâtiments ou pour produire de l'électricité.

Hydrologie

Plus de 10% de l'île est recouverte de glaciers, dont certains (Vatnajökull, Langjökull et Hofsjökull) se situent parmi les plus grands d'Europe. Ces glaciers sont la source de nombreuses rivières glacières, dont les plus importantes sont la Þjórsá, la Jökulsá á Fjöllum, la Hvítá, la Skjálfandafljót, la Jökulsá á Brú et la Tungnaá. Elles possèdent, dès leur naissance, à plusieurs centaines de mètres d'altitude, un débit relativement important (jusqu'à une centaine de mètre cube par seconde). Cette combinaison d'altitude et de débit donne à ces rivières un important potentiel énergétique. Cependant, cette combinaison offre aussi à l'Islande de nombreuses cascades, qui sont parmi les attractions appréciées des touristes, ce qui a entrainé la protection de plusieurs rivières (notamment la Hvítá et la Jökulsá á Fjöllum), et interdit leur exploitation hydroélectrique.

Le système volcanique islandais

Le geyser Strokkur. Située sur la dorsale médio-atlantique, l'Islande est l'une des zones les plus géologiquement actives sur Terre.

La cascade Dettifoss, sur la Jökulsá á Fjöllum: les rivières islandaises ont un important potentiel énergétique, mais aussi touristique.

Une volonté politique

Politique économique

L'Islande possède assez peu de ressources naturelles. La principale d'entre elle est la quantité importante de poisson autour de ses côtes, qui ont fait de la pêche la principale ressource économique du pays. Cependant, cette ressource est très fluctuante, tout comme les prix du marchés, et l'Islande se rendait donc très vulnérable. Le gouvernement a alors entrepris de diversifier son économie. Conscient de l'important potentiel énergétique du pays, il fut d'abord proposé de vendre de l'électricité à l'Europe en l'exportant via un câble sous-marin. Cette idée étant difficile à mettre en place, il fut à la place décidé d'attirer les industries très consommatrices en énergie, et en particulier l'industrie de l'aluminium sur l'île. L'aluminium représente en 2009 39% des exportations.

Éducation et recherche sur les énergies renouvelables

Il existe en Islande un important effort de recherche privé et public sur les énergies renouvelables, ainsi que plusieurs programmes universitaires sur ce sujet.

Les principales universités islandaises conduisent souvent des recherches dans le domaine des énergies renouvelables. L'Université d'Islande en particulier est renommée dans la communauté scientifique pour sa recherche dans ce domaine.

Mais il existe aussi des institutions plus spécialisées. RES – The School for Renewable Energy Science, située à Akureyri, propose une maîtrise en sciences d'un an dans le domaine des énergies renouvelables. Le programme est composé de cours intensifs et orientés vers la recherche. Il est mené en partenariat avec l'Université d'Islande et l'Université d'Akureyri, ainsi qu'avec de nombreux instituts de technologie à travers le monde. En 2009, l'école propose quatre spécialisations : énergie géothermique, pile à combustible et hydrogène, biocarburants et Politique des énergies renouvelables. Elle propose aussi des programmes estivaux et cours individuels.

Reykjavik Energy Graduate School of Sustainable Systems (REYST), situé à Reykjavik propose aussi une maîtrise en sciences dans le domaine des énergies renouvelables. Cette fondation a été crée en avril 2007 par un accord entre Orkuveita Reykjavíkur, l'Université d'Islande et l'Université de Reykjavik.

Hydroélectricité

La centrale hydroélectrique de Vatnsfell

La première centrale hydroélectrique a été construit en 1904 par un entrepreneur local. Elle était située dans une petite ville près de Reykjavík, et produisait 9 kW d'énergie. La première centrale hydroélectrique municipale, Fjarðarselsvirkjun, fut construite en 1913 à Seyðisfjörður, puis en 1921 une nouvelle centrale fut installée près de Reykjavík et pouvait produire 1 MW. Cette dernière seule a quadruplé la quantité d'électricité dans le pays. Les années 1950 ont marqué une nouvelle étape dans les centrales hydroélectriques. Deux centrales furent construites sur la rivière Sog, une en 1953 qui produisait 31 MW, et une autre en 1959 qui produisait 26,4 MW . Ces deux centrales étaient les premières à être construites à des fins industrielles, et étaient partiellement détenus par le gouvernement islandais. Ce processus continua en 1965 lorsque la compagnie nationale d'électricité, Landsvirkjun, fut fondée. Elle était détenue par le gouvernement islandais et la municipalité de Reykjavík. En 1969, la centrale de Búrfell d'une puissance de 210 MW fut installée sur la Þjórsá pour fournir le sud de l'Islande en électricité et alimenter une fonderie d'aluminium capable de produire 33 000 tonnes d'aluminium par an.

Cette tendance continua et les augmentations de la production hydroélectriques sont directement reliées aux développement industriels. En 2008, Landsvirkjun produisait 12 345 GWh d'électricité dont 11 866 GWh, ou 96% provenaient de l'hydroélectricité. De plus, 10 330 GWh, ou 84%, était utilisée pour des industries à forte demande énergétique comme les fonderies d'aluminium. En 2009, l'Islande acheva son plus grand projet hydroélectrique en date, une centrale hydroélectrique de 690 MW et une autre fonderie d'aluminium. Ce projet a été très controversé par les écologistes.

Parmi les centrales hydroélectriques, on peux noter celle de Kárahnjúkar (690 MW), de Búrfell (273 MW), de Hrauneyjafoss (210 MW), de Blanda (150 MW), de Sigalda (150 MW), de Sultartangi (120 MW), de Vatnsfell (90 MW), de Sog (89 MW) et de Laxá (28 MW).

L'Islande est le premier pays au monde créant une économie basée sur les industries alimentées par des énergies renouvelables, et il y a encore de grands potentiels hydroélectriques non exploités dans l'île. En 2002, il était estimé que l'Islande ne générait que 17% de l'énergie hydroélectrique exploitable du pays. Le gouvernement islandais pense que 30 autres TWh d'hydroélectricité peuvent être produit chaque année, tenant en compte les sources qui doivent rester inexploitées pour des raisons environnementales.

Géothermie

Centrale géothermique de Krafla

Pendant des siècles, les Islandais ont utilisé leurs sources chaudes pour le bain ou le lavage de vêtements. La première utilisation de la géothermie pour le chauffage n'apparut qu'en 1907, lorsqu'un fermier construisit un tuyau en béton acheminant la vapeur d'eau entre une source chaude et sa maison. En 1930, la première canalisation fut construite à Reykjavík et fut utilisée pour chauffer deux écoles, 60 maisons et le principal hôpital. Cette canalisation de 3 km provenait d'une des sources chaudes situées à l'extérieur de la ville. En 1943, la première entreprise chargée du réseau de chaleur fut créée. Une canalisation de 18 km fut connectée en 1945 à plus de 2850 habitations de Reykjavík.

De nos jours, la géothermie fournit la chaleur à 89% des habitations en Islande et représente plus de 54% de l'énergie primaire en Islande. Cette énergie est utilisée pour plusieurs choses: 57,4% de l'énergie est utilisée pour le chauffage urbain, 15,9% est utilisée pour produire de l'électricité, et le reste est utilisé dans les piscines, piscicultures et serres par exemples.

Le gouvernement islandais a joué un rôle majeur dans les avancées de la géothermie. Dans les années 1940, l'autorité d'électricité d'état fut fondée par le gouvernement pour augmenter les connaissances sur les sources géothermiques et l'utilisation de la géothermie en Islande. Elle fut ensuite changée en l'autorité nationale d'énergie (Orkustofnun) en 1967. Cette agence a rendu économiquement viable l'usage de la géothermie comme source de chauffage dans différentes zones du pays. La géothermie fut un tel succès que le gouvernement n'avait plus besoin de mener les recherches dans le domaine, car elles avaient été prises en main par l'industrie.

La première centrale exploitant l'énergie géothermique pour produire de l'électricité fut la centrale géothermique de Bjarnarflag, située dans le district de Mývatn. Elle fut construit en 1969, et produisait 3 MW d'électricité. Son succès permit le développement ultérieur de nombreuses autres centrales de plus grande capacité telles que la centrale géothermique de Hellisheiði (213 MW), de Nesjavellir (120 MW), de Reykjanes (100 MW), de Svartsengi (75 MW) et de Krafla (60 MW). Les centrales de Svartsengi et Nesjavellir produisent à la fois de l'électricité et de l'eau chaude pour le chauffage. Le passage du chauffage basé sur les combustibles fossiles à un chauffage basé sur la géothermie a permis à l'Islande d'économiser au total 8,2 milliards de dollars entre 1970 et 2000 et de baisser les émissions de CO2 de 37%. La quantité de pétrole qui aurait été nécessaire pour chauffer les habitations islandaises en 2003 est 646 000 tonnes.

Le gouvernement islandais pense qu'il y a encore beaucoup plus de sources inutilisées à travers le pays, correspondant à environ 20 TWh par an d'énergie. Combiné avec l'énergie hydroélectrique inexploitée, cela reviendrait à 50 TWh d'énergie renouvelables supplémentaire par an.