L’aire de distribution du Sapelli est large, depuis les forêts du Sierra Leone à l’ouest, jusqu’en Ouganda à l’est, près du lac Victoria, et vers le sud jusqu’en République démocratique du Congo (12° de latitude Nord à 5° de latitude Sud) (Hall & Swaine 1976), mais il est localement disséminé.
C’est la plus abondante des grandes Meliaceae commerciales. Ceci est certainement dû au fait qu’il s’agit d’une espèce assez souple au niveau de ses exigences bioclimatiques et écologiques : elle vit à basse altitude, jusqu’à 500 m, et est présente dans des zones de pluviométrie comprises entre 1 200 et 2 500 mm par an (1 750 mm de précipitation moyenne annuelle), ayant une saison sèche inférieure à 4 mois, et des températures comprises entre 15 et 32 °C (25 °C de température annuelle moyenne). C’est une espèce de transition entre la forêt sempervirente et la forêt semi-décidue, présente jusqu’en lisière de savane. Le Sapelli s’installe également dans les forêts secondaires et les jachères, il préfère les sols secs et bien drainés des versants ou des plateaux et il évite les sols marécageux. C’est une espèce dominante de la canopée, à longue durée de vie (plus de 500 ans, Detienne et al. 1998), non pionnière, mais à tendance héliophile (Hawthorne 1995), hermaphrodite et entomophile, de demi-ombre dans son jeune âge et de pleine lumière ultérieurement.
La densité en Sapelli est globalement faible, autour de 1 à 1,5 individus de plus de 40 cm DHP à l’hectare sur l’ensemble de son aire de répartition, mais elle peut cependant varier de façon considérable entre les massifs, et atteindre plus de 5 individus à l’hectare dans les forêts centrafricaines.