Ratzel a d'abord développé l'Anthropogéographie (ouvrage publié en deux volumes en 1882 et 1891), qui constitue la toute première « géographie humaine ». Ainsi est née la distinction avec la géographie physique fondant une classification qui a connu un succès indéniable. Dans ce travail, Ratzel établissait une distinction entre les peuples primitifs, ou Naturvölker, et les peuples plus évolés, ou Kulturvölker. Il soulignait que ces derniers possèdent en propre une forme d’organisation essentielle : l’État. Ratzel a donc poursuivi son travail taxinomique en publiant, en 1897, la Politische Geographie (géographie politique) qui fonde cette discipline, alors largement centrée sur l’État.
Cette discipline est surtout développée dans les pays anglo-saxons (Political Geography). Elle s'intéresse désormais à tous les types de territoires (États, organisations régionales, entités administratives; du local au global) mais aussi aux frontières, ou aux habitants. Le lien entre les habitants et leur territoire (ou territorialité) est une dimension nouvelle de cette discipline plus que centenaire.
La critique de la géographie politique a généré, entre autres, de nouvelles approches dont la géopolitique, d'abord développée par Karl Haushofer en Allemagne dans les années 1920. En 1976, est paru un livre qui a fait sensation au sein de la géographie française : La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre (Editions Maspero). Son auteur, Yves Lacoste, fondait la même année la revue Hérodote, "revue de géographie et de géopolitique". Ce livre, qui a eu beaucoup d'échos au sein des milieux universitaires, a contribué à la refondation épistémologique de la géographie, comme science s'intéressant au politique, mais son auteur ne prétendait pas faire œuvre de géographie politique. D'autres géographes francophones comme Paul Claval, Claude Raffestin ou encore Jacques Lévy ont renouvelé l'approche politique de la science géographique. Jacques Lévy s'est intéressé à la géographie "du" politique, Raffestin à la géographie du pouvoir, etc. Pour ces derniers auteurs, la géographie est une science qui prend en compte le politique ; la notion de géographie politique est donc une tautologie.