Un article publié le 25 janvier 1999 dans les Physical Review Letters par un physicien de l'Université du Texas à Dallas, Carl B. Collins, a suscité un très vif intérêt chez les scientifiques, et notamment les militaires, en révélant la détection d'une intense émission γ à partir d'un échantillon de hafnium 178m2 soumis au rayonnement X d'un appareil de radiographie dentaire.
Cette expérience laissait entendre qu'il serait possible de déclencher la transition isomérique par faible irradiation X des noyaux de Hf, et donc de contrôler la cinétique de libération de l'énergie d'excitation du noyau métastable. Cette énergie étant libérée dans un laps de temps très court, cela permettrait d'atteindre des puissances considérables, de l'ordre de 10 W sous forme de rayons γ, par exemple pour réaliser des armes de destruction massive à la fois compactes et particulièrement létales.
Toutefois, devant l'impossibilité de reproduire cette expérience par d'autres équipes, la réalité du phénomène d'émission gamma induite (IGE, pour Induced Gamma Emission) a rapidement été contestée. Une expérience sensée trancher le débat a été conduite en 2003 à l'initiative d'Anthony Tether, alors à la tête de la DARPA, à la suite d'une évaluation économique établissant la viabilité de la production de hafnium 178m2 en quantité suffisante à des fins militaires — les États-Unis étaient alors en pleine « guerre contre la terreur » suite aux attentats du 11 septembre 2001. Les résultats de cette expérience, baptisée Triggered Isomer Proof (TRIP), n'ont jamais été rendus publics, mais seraient positifs, selon l'agence.
A ce jour, diverses publications appuient ou démontent le phénomène d'IGE, de telle sorte qu'il demeure difficile de faire la part des choses entre phénomène physique peut-être réel d'une part et, d'autre part, possible mystification d'un complexe militaro-industriel soucieux de se voir débloquer des crédits.