Joseph Colomb était lyonnais, prêtre de Saint Sulpice (p.s.s.). Philosophe et théologien, il enseigna la philosophie à Lyon et Autun avant d’être nommé directeur adjoint de l’enseignement religieux à Lyon par le cardinal Pierre Gerlier en 1945. C’est à partir de ce moment que sa pensée catéchétique se fit connaître en France et qu’il se mit à écrire une œuvre impressionnante (16 ouvrages entre 1945 et 1957).
Il commença par fonder une école de catéchistes professionnels à Lyon, la première en France, et publia une série de manuels catéchétiques, le Catéchisme progressif, en 1950, qui fit grand bruit et lui valut les attaques des milieux intégristes catholiques en France et une condamnation du Saint-Office.
En 1954, il fut nommé directeur du Centre national de l’Enseignement religieux (CNER). En juillet 1957, sur ordre du Saint Office à la suite d’une initiative du pro-secrétaire du Saint-Office, le cardinal Alfredo Ottaviani lui-même, il lui fut demandé de démissionner de ses fonctions, ainsi que le directeur de l’Institut catéchétique de l’Institut catholique de Paris et deux femmes catéchistes. Sa démission fut effective en février 1958. Joseph Colomb, comme M Charles de Provenchères - archevêque d'Aix et responsable de la catéchèse - ainsi qu’une grande part de l’épiscopat français ne comprirent jamais les vraies raisons de la condamnation du catéchisme progressif. Cependant une part non négligeable des évêques français s'inquiétait, estimant que la pédagogie nouvelle risquait de mettre en cause l’enseignement de la vraie doctrine catholique contenue dans le catéchisme.
Joseph Colomb, s’il est considéré aujourd’hui comme le penseur principal du mouvement catéchétique français, resta cependant toute sa vie meurtri par ces accusations qu’il considérait comme non fondées. Il affirmait n'avoir jamais voulu brader la doctrine catholique mais il considérait que le catéchisme d’alors était inapte à transmettre la foi. En 1962, il fut appelé à Strasbourg pour fonder un institut de formation de catéchistes et il écrivit un important livre de référence en deux volumes, Le service de l’Évangile, en 1967. Lors de ses obsèques, M Léon-Arthur Elchinger, évêque de Strasbourg, lui demanda pardon au nom de l’Église pour ce qu’il avait subi.