Selon Bates, les yeux accommodent non pas par l'action des muscles ciliaires sur le cristallin, mais en variant l'allongement de l'œil par les muscles extraoculaires. Selon lui, « le processus par lequel l'œil s'ajuste pour la vision à différentes distances est entièrement contrôlé par l'action des muscles externes de l'œil ; le quatrième nerf crânien est le nerf de l'accommodation [tandis que] le nerf supérieur oblique, commandé par lui, est un facteur important de l'accommodation ».
Le Dr Bates pense ainsi que toute action anormale des muscles externes du globe oculaire s'accompagne d'une tension pour vouloir voir. Le soulagement de cet état de crispation inutile entraînerait la disparition de tout dysfonctionnement et, en conséquence, tout problème visuel – myopie, hypermétropie, astigmatisme ou autre – serait susceptible d'être guéri par la méthode Bates.
Bates a donc examiné, à l'aide de la rétinoscopie simultanée, les yeux de nombreux patients puis déduit de ses observations les « qualités » que possède toute vue parfaite :
- La vision centrale : quand une lettre est regardée, l'œil se déplace d'une partie de lettre à une autre, et la partie de lettre regardée est toujours mieux vue que le reste ;
- La mobilité permanente : le point regardé change rapidement et en permanence ;
- Le balancement : les lettres semblent bouger d'un côté à l'autre, ou dans d'autres directions ;
- La mémoire est parfaite : c'est pouvoir se remémorer instantanément et continuellement la couleur et le fond de la lettre regardée (ou tout autre objet) ;
- L'imagination est parfaite : c'est voir le blanc entourant les lettres plus blanc qu'en réalité ; la perception du noir n'est pas altérée par la distance, la luminosité, la taille et la forme de ces lettres ;
- Le repos de l'œil : le cerveau et les yeux sont parfaitement relaxés et cela peut toujours être démontré concrètement.
Pour Bates, toute personne voulant pratiquer la méthode avec succès doit ne plus jamais remettre ses lunettes car il pense que la guérison en serait retardée. Selon lui, il s'agit d'éviter les erreurs de réfraction qui surviennent toujours quand les yeux regardent au travers de verres correcteurs, ou de lentilles, pas encore portées à l'époque. Il pense aussi que l'ajustement visuel varie aussi en permanence, notamment en fonction de la nature de l'objet regardé (inhabituel, étrange, familier…), de l'éclairage et de l'environnement. Il en déduit ce qu'il appelle des abaisseurs et des optimiseurs de la vue.