D'origine turque, Bayram V est né dans une famille d'oulémas et de dignitaires religieux qui appartient à l'aristocratie tunisoise ; elle est l'une des principales lignée religieuse hanéfite en Tunisie. Sa mère, d'origine turque, est la fille de Mahmoud Khodja, ancien ministre de la Marine sous Ahmed I Bey. Son père est lui plus tourné vers l'agriculture que la culture scientifique et religieuse.
Il poursuit ses études à la mosquée Zitouna où il apprend le Coran, l'exégèse et les hadiths, avec pour professeur Salem Bouhageb. Khodja aurait voulu l'inscrire à l'école militaire du Bardo, haute institution destinée à l'époque à la formation des cadres politiques et des hauts fonctionnaires, mais c'est son oncle ouléma et professeur, Bayram IV, qui l'oriente vers les études de langue et de rhétorique. Par la suite, il se tourne vers l'histoire et peut ainsi approfondir ses connaissances à travers les nombreux ouvrages que possède son oncle qu'il remplace, dès qu'il termine ses études, comme enseignant à l'Université Zitouna.
En 1875, le grand vizir Kheireddine Pacha remarque Bayram V pour ses opinions réformistes et progressistes et lui confie la direction de l'Imprimerie officielle de la République tunisienne qui publie le Journal officiel de la République tunisienne, journal fondé entre autres par les réformistes Kheireddine Pacha, Mahmoud Kabadou et Mokhtar Chouikha, succédant ainsi au général Husseïn. En 1876, il voyage en France et en Italie pour des soins et, à son retour, est nommé à la tête de l'hôpital Sadiki en 1877 puis, après la démission de Kheireddine, est maintenu à ce poste par les deux grands vizirs qui succèdent à celui-ci, Mohammed Khaznadar et Mustapha Ben Ismaïl. En 1879, il est nommé au Conseil constitutionnel aux côtés de Mohamed Larbi Zarrouk.
Lors de l'instauration du protectorat français en 1881, il quitte la Tunisie pour s'installer à Istanbul. En 1884, il part pour l'Égypte et y fonde le journal L'Information. En 1888, il devient magistrat au Tribunal civil de première instance égyptien. Il meurt finalement en décembre 1889 à Helouane et est inhumé au Caire.