Nicolas Iorga est sans doute le plus grand historien roumain, par le retentissement qu'eurent ses idées autant que par les qualités scientifiques de ses oeuvres. Après des études en Roumanie, Iorga compléta sa formation d'historien dans les années 1890 en effectuant deux séjours à l'étranger, à Paris (thèse sur Philippe de Maizière) et à Leipzig. Iorga put ainsi comparer deux écoles historiographiques qui s'oppposaient dans le contexte plus global de la rivalité franco-allemande de l'époque. Après ses études, Iorga commença à enseigner à l'université Alexandru Ioan Cuza de Iaşi et à celle de Bucarest puis à publier ses premiers ouvrages.
La Roumanie vient alors d'accéder à l'indépendance (1881) et revendique encore les provinces de Transylvanie et de Bessarabie occupées respectivement par l'Autriche-Hongrie et la Russie. Iorga sera un infatigable propagandiste du retour de ces régions dans le giron de la nation roumaine, en s'efforçant par exemple de prouver l'antériotié du peuplement roumain par rapport au peuplement hongrois en Transylvanie. Ses écrits de l'époque sont souvent violemment anti-hongrois.
Iorga est de toutes façons un historien nationaliste: pas plus que les Hongrois, les Russes ni les Bulgares ne trouvent grâce à ses yeux.
Nicoalae Iorga se montra soucieux de diffuser largement sa conception de la nation roumaine et d'apprendre aux Roumains leur histoire en publiant des ouvrages destinés au grand public et en organisant à partir de 1908 des universités populaires dans sa résidence de Valenii de Munte. Son rôle dans la formation de la conscience nationale roumaine peut objectivement être comparé au rôle tenu par Jules Michelet dans la diffusion en France des idées républicaines : à ce titre, il a non seulement écrit mais aussi fait l'histoire.