On utilise en mathématiques un ensemble de notations pour condenser et formaliser les énoncés et les démonstrations.
Quand deux traductions d'une notation sont données, l'une est la traduction mot-à-mot et l'autre est la traduction naturelle.
Le présent article traite des notations mathématiques latines. Il existe d'autres notations mathématiques non latines telles que la notation mathématique arabe moderne (en).
Il existe également des notations mathématiques destinées aux non voyants.
Introduction
Comme toutlangage formel, une notation mathématique a pour but de retirer l'ambiguïté d'une proposition en la décomposant en un ensemble limité de symboles dont l'agencement ne peut avoir qu'un unique sens.
Par exemple, pour dire que x vaut un, on utilisera :
x=1
Ce langage scientifique permet aussi, dans une moindre mesure, de faciliter la communication entre des mathématiciens ne parlant pas la même langue. S'il ne remplace pas complètement le langage naturel, il permet d'exprimer les concepts mathématiques les plus complexes sous une forme qui est quasi-identique suivant de nombreuses langues et cultures, évitant ainsi les quiproquos sur les concepts mathématiques, par des gens ne maîtrisant pas toutes les subtilités grammaticales et syntaxiques de la langue de communication employée.
Au sein même de la famille culturelle utilisant la notation mathématique latine, certains concepts du langage formel restent cependant spécifiques à un bassin linguistique donné. Ainsi, dans la littérature mathématique francophone, l'assertionA⊂B signifie « l'ensemble A est un sous-ensemble ou est égal à B » alors que dans la littérature mathématique anglophone, il signifiera plutôt « l'ensemble A est un sous-ensemble strict de B ».
La liste de symboles qui suit n'est pas exhaustive. Cependant, l'ensemble des symboles présentés ici sont utilisés de façon universelle dans la littérature mathématique francophone.
Pour tout entier naturel n, il existe un autre entier naturel m tel que m soit supérieur ou égal à n.
Tout entier naturel est inférieur ou égal à au moins un autre entier naturel.
∃m∈N,∀n∈N,m≥n
Il existe un entier naturel m tel que quel que soit l'entier naturel n, m soit plus grand que n.
N est majoré.
On notera donc que l'ordre des quantificateurs est important : la première proposition est vraie, l'autre est fausse.
Pour tout réels a et l, il existe une application f de R dans R telle que f tend vers l en a.
Les quantificateurs permettent de définir les notions mathématiques.
Il existe un unique
La notation ∃! qui signifie il existe un unique.... Ce quantificateur se définit à partir des quantificateurs précédents et de l'égalité. Pour P(x) une propriété de x :
∃! x P(x) équivaut par définition à ∃ x [P(x) ∧ ∀ y (P(y) ⇒ y = x)]
ou de façon équivalente :
∃! x P(x) équivaut à ∃ x P(x) ∧ ∀ x ∀ y [(P(x) ∧ P(y)) ⇒ y = x] .
Exemple. ∀x∈R,∃!y∈R,xy=1 : pour tout x réel non nul, il existe un unique réel y non nul tel que le produit xy soit égal à 1. En d'autres termes, x admet un unique inverse pour la multiplication.
Symboles arithmétiques
Ces symboles sont utilisés pour simplifier l'écriture de longues séries (par exemple en évitant d'utiliser des pointillés). On utilise dans chacun de ces cas une variable dite variable muette qui va prendre des valeurs dans un ensemble précis. Cette variable muette va alors permettre la description d'un terme générique placé après le symbole.
Somme
∑ (Lettre grecque : Sigma majuscule)
Exemples
Si n est un entier strictement positif :
k=1∑nk2=12+22+32+42+…+n2=6n(n+1)(2n+1)
Ici k est la variable muette, elle prend ses valeurs dans l'ensemble [1,n] (ensemble d'entiers). Le terme général de cette somme est k.
Ω étant l'ensemble des entiers pairs positifs
k∈Ω,k<50∑k2=k=0∑24(2k)2
Ici k appartient à un ensemble défini par deux conditions : ses éléments sont des entiers positifs pairs et ils sont strictement plus petits que 50
Exemple de somme infinie :
∀x∈R,k=0∑∞k!xk=ex
On aurait pu écrire de manière moins condensée :
1+x+2!x2+3!x3+⋯+k!xk+⋯=ex
Par convention, une somme indexée par l'ensemble vide est nulle.
Produit
∏ (Lettre grecque : Pi majuscule)
Ce symbole s'utilise de manière analogue au symbole somme.