Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
La plus grande partie du récit est consacré au personnage du tueur, biologiquement modifié en sorte de contrôler ses processus physiologiques. Ce contrôle biologique lui permet de faire face à un environnement hostile, la forêt, elle-même modifiée pour répondre intelligemment à toute forme d'intrusion.
À la fin de la nouvelle, le biologiste fait capturer le tueur et lui révèle qu'il a inventé une drogue qui permet une reconfiguration sans limite des structures du cerveau et de changer sa personnalité à volonté.
Egan expose ici l'un de ses thèmes favoris : l'auto-contrôle de la personnalité, qui laisse entrevoir, d'une part, une liberté absolue au yeux du biologiste, liberté qui lui permet de se choisir une personnalité qui n'éprouve plus les conflits dont il a souffert jusqu'à lors ; d'autre part, au yeux du tueur, la perspective angoissante d'éprouver du remords pour ses meurtres qui semble le condamner à se choisir tel qu'il est.
Philosophiquement, cette reconfiguration sans limite de la personne humaine fait disparaître la pertinence de notions qui lui sont traditionnellement associées dans la pensée occidentale moderne : l'identification d'un sujet, en tant qu'origine de ses représentations et de ses volontés, devient ainsi problématique, voir impossible, ce qui entraîne également la disparition de la notion de nature humaine. La nouvelle pose donc deux questions, tant au plan individuel, qu'au point de vue anthropologique plus générale d'une définition de l'homme :
- Qui suis-je si je peux être ce que je veux ?
- L'homme est-il encore quelque chose qui possède une valeur s'il modifie des structures biologiques inchangés depuis des millénaires ?