Le type "Freycinet" en bois
Selon l'enfoncement possible dans le canal ou le fleuve, une péniche « Freycinet » peut porter de 250 à 350 tonnes de fret (elle-même pèse aux alentours de 50 tonnes). Compte tenu de la lenteur des déplacements, l'équipage vit en général à bord, souvent en famille dans le logement du batelier.
Les chalands automoteurs en fer
Les dernières péniches en bois ont disparu après la Seconde Guerre mondiale, remplacées par des chalands automoteurs en fer, de mêmes dimensions. Ces derniers sont parfois appelés eux aussi « péniches », mais de manière abusive.
La motorisation n'est pas très puissante, les premières ayant des moteurs (de marque Baudouin, souvent) de 70 à 90 ch. Les plus récentes ont été dotées de moteurs de 200 à 250 ch, leur permettant de pousser une barge devant elles. À l'enfoncement maximum du gabarit actuel, un ensemble péniche+barge peut alors emporter près de 700 tonnes.
Le contrôle du fret se fait en mesurant six points d'enfoncement autour du bateau, d'abord à charge, puis à vide ainsi que, en même temps, le niveau de l'eau résiduelle dans les pics (locaux à l'avant et à l'arrière, pouvant servir de réservoir à ballast) et en reportant les mesures sur un diagramme de jauge qui donne le tonnage avec une précision satisfaisante.
À noter que, pour ne pas pénaliser le tirant d'eau, l'hélice se situe au-dessus du niveau du fond du bateau. Pour avancer lège (à vide), il est donc nécessaire, pour éviter la cavitation, de ballaster partiellement sur l'arrière afin que l'hélice soit dans l'eau. Des dispositifs anti-cavitation ont bien été inventés, mais la manœuvrabilité (surtout en marche arrière) cause alors des soucis au marinier.
Les péniches à grand gabarit
Les grandes péniches naviguant sur le Rhin et les canaux à grand gabarit mesurent actuellement 80 mètres de long pour 11,50 de large et un enfoncement de 3,50 mètres. Pourvues d'un moteur d'environ 1 000 ch, elles peuvent emmener 2 500 tonnes de fret. Équipées de radars, d'équipements de navigation de nuit, elles peuvent évoluer sans arrêt, en fonction de leur équipage, et couvrir ainsi des distances importantes dans des délais relativement faibles. Le rapport carburant/fret/distances est alors imbattable.