En probabilité, on dit qu'une variable aléatoire réelle X suit une loi normale (ou loi normale gaussienne, loi de Laplace-Gauss) d'espérance μ et d'écart typeσ strictement positif (donc de variance σ) si cette variable aléatoire réelle X admet pour densité de probabilité la fonction p(x) définie, pour toutnombre réelx, par :
p(x)=σ2π1e−21(σx−μ)2
Une telle variable aléatoire est alors dite variable gaussienne.
On note habituellement cela de la manière suivante :
X∼N(μ,σ2)
La loi normale est une des principales distributions de probabilité. Elle a été introduite par le mathématicienAbraham de Moivre en 1733 et utilisée par lui afin d'approcher des probabilités associées à des variables aléatoires binomiales possédant un paramètren très grand. Cette loi a été mise en évidence par Gauss au XIX siècle et permet de modéliser de nombreuses études biométriques. Sa densité de probabilité dessine une courbe dite courbe en cloche ou courbe de Gauss.
La loi normale centrée réduite
Définition
Représentation graphique d'une loi normale centrée réduite (dite courbe de Gauss ou courbe en cloche).
On appelle loi normale (ou gaussienne) centrée réduite la loi définie par la densité de probabilitéφ:R→R+ définie par :
φ(t)=2π1e−2t2
On vérifie qu'elle est continue et que son intégrale sur R est égale à 1.
On sait en effet que ∫−∞+∞e−2t2dt=2π (intégrale de Gauss).
On démontre (voir plus bas) que la loi définie par cette densité de probabilité admet une espérance nulle et une variance égale à 1.
En particulier, m1=0 (l'espérance est nulle : la loi est donc dite centrée) et m2=1 (la variance vaut m2−m12=1 : la loi est donc dite réduite).
Ceci justifie l'appellation de loi normale centrée réduite.
Des formules précédentes, on déduit encore :
m3=0 et m4=3
La loi étant réduite, les moments centrés sont tous égaux aux moments par rapport à l'origine de même rang ; en particulier :
μ2=σ2=1, μ3=0 et μ4=3σ4.
On en déduit l'asymétrie (skewness) : γ1=σ3μ3=0 et l'aplatissement (kurtosis) : β2=σ4μ4=3.
Fonction de répartition
On note Φ la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. Elle est définie, pour tout réel x, par :
Φ(x)=∫−∞xφ(t)dt=∫−∞x2π1e−2t2dt.
Φ est la primitive de φ qui tend vers 0 en −∞ ; cette primitive ne s'exprime pas à l'aide des fonctions usuelles (exponentielle, etc.) mais devient elle-même une fonction usuelle, importante, pour quiconque pratique le calcul des probabilités ou les statistiques. La fonction Φ s'exprime à l'aide de la fonction d'erreur, elle même notée erf :
Φ(z)=21(1+erf(2z)),
ou bien encore
erf(z)=2Φ(z2)−1.
Citons les propriétés suivantes de la fonction Φ :
Elle est indéfiniment dérivable, et Φ′=φ
Elle est strictement croissante, tend vers 0 en −∞ et vers 1 en +∞
(c'est donc une bijection R→]0,1[ : pour tout p∈]0,1[, il existe x∈R unique, noté Φ−1(p), tel que Φ(x)=p)
Pour tout x∈R,Φ(−x)=1−Φ(x) (ceci résulte de ce que la densité est paire) ; en particulier, Φ(0)=0,5
Remarque : les notations φ et Φ pour désigner « la » densité et la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite sont usuelles.
Approximation de la fonction de répartition
Il n'existe pas d'expression pour Φ mais on peut exploiter avec profit son aspect régulier pour en donner une approximation grâce à un développement en série de Taylor. Par exemple, voici une approximation (à l'ordre 5) autour de 0:
Φ(x)≈21+2π1(x−6x3+40x5).
Cette approximation est performante pour | x | < 2.
Une approximation pour les grandes valeurs de x est donnée, pour x positif, par la formule
1−Φ(x)=2πe−x2.(x1+k=1∑+∞x2k+1(2k−1)!!(−1)k),
série divergente pour tout x positif, mais dont les sommes partielles encadrent 1-Φ(x) de manière efficace lorsque x est grand. Par exemple,
2πe−x2(x1−x31)≤1−Φ(x)≤x2πe−x2,
d'où une erreur relative inférieure à 25% pour x supérieur à 2 ou bien inférieure à 11% pour x supérieur à 3. Ou bien encore :
d'où une erreur relative inférieure à 25% pour x supérieur à 2 ou bien inférieure à 2% pour x supérieur à 3.
Tables numériques
Il existe des tables de la fonction de répartition, donnant des valeurs approchées de Φ(x) ; on se limite à des x positifs ou nuls : en effet, si par exemple on connaît l'approximation Φ(0,5)≃0,6915, on en déduit Φ(−0,5)≃1−0,6915=0,3085.
Au lieu des précédentes, on utilise souvent des tables de la fonction qu'on notera ici Φ, définie sur R+ par :
Φ(x)=∫−∞xφ(t)dt
La table suivante donne pour tout x de 0 jusqu'à 3,9 par pas de 0,01, la valeur de 10 Φ(x). Ces valeurs sont arrondies à l'unité la plus proche.
L'entrée en ligne donne les deux premiers chiffres de x, c'est-à-dire le chiffre des unités et celui des dixièmes, et l'entrée en colonne le chiffre des centièmes.
Par exemple : Pour Φ(1,73) = 0,95818, on choisira 1,7 en ligne et 0,03 en colonne (1,7 + 0,03 = 1.73) et l'intersection nous donnera le résultat.
0,00
0,01
0,02
0,03
0,04
0,05
0,06
0,07
0,08
0,09
0,0
50000
50399
50798
51197
51595
51994
52392
52790
53188
53586
0,1
53983
54380
54776
55172
55567
55962
56356
56749
57142
57535
0,2
57926
58317
58706
59095
59483
59871
60257
60642
61026
61409
0,3
61791
62172
62552
62930
63307
63683
64058
64431
64803
65173
0,4
65542
65910
66276
66640
67003
67364
67724
68082
68439
68793
0,5
69146
69497
69847
70194
70540
70884
71226
71566
71904
72240
0,6
72575
72907
73237
73565
73891
74215
74537
74857
75175
75490
0,7
75804
76115
76424
76730
77035
77337
77637
77935
78230
78524
0,8
78814
79103
79389
79673
79955
80234
80511
80785
81057
81327
0,9
81594
81859
82121
82381
82639
82894
83147
83398
83646
83891
1,0
84134
84375
84614
84849
85083
85314
85543
85769
85993
86214
1,1
86433
86650
86864
87076
87286
87493
87698
87900
88100
88298
1,2
88493
88686
88877
89065
89251
89435
89617
89796
89973
90147
1,3
90320
90490
90658
90824
90988
91149
91309
91466
91621
91774
1,4
91924
92073
92220
92364
92507
92647
92785
92922
93056
93189
1,5
93319
93448
93574
93699
93822
93943
94062
94179
94295
94408
1,6
94520
94630
94738
94845
94950
95053
95154
95254
95352
95449
1,7
95543
95637
95728
95818
95907
95994
96080
96164
96246
96327
1,8
96407
96485
96562
96638
96712
96784
96856
96926
96995
97062
1,9
97128
97193
97257
97320
97381
97441
97500
97558
97615
97670
2,0
97725
97778
97831
97882
97932
97982
98030
98077
98124
98169
2,1
98214
98257
98300
98341
98382
98422
98461
98500
98537
98574
2,2
98610
98645
98679
98713
98745
98778
98809
98840
98870
98899
2,3
98928
98956
98983
99010
99036
99061
99086
99111
99134
99158
2,4
99180
99202
99224
99245
99266
99286
99305
99324
99343
99361
2,5
99379
99396
99413
99430
99446
99461
99477
99492
99506
99520
2,6
99534
99547
99560
99573
99585
99598
99609
99621
99632
99643
2,7
99653
99664
99674
99683
99693
99702
99711
99720
99728
99736
2,8
99744
99752
99760
99767
99774
99781
99788
99795
99801
99807
2,9
99813
99819
99825
99831
99836
99841
99846
99851
99856
99861
3,0
99865
99869
99874
99878
99882
99886
99889
99893
99896
99900
3,1
99903
99906
99910
99913
99916
99918
99921
99924
99926
99929
3,2
99931
99934
99936
99938
99940
99942
99944
99946
99948
99950
3,3
99952
99953
99955
99957
99958
99960
99961
99962
99964
99965
3,4
99966
99968
99969
99970
99971
99972
99973
99974
99975
99976
3,5
99977
99978
99978
99979
99980
99981
99981
99982
99983
99983
3,6
99984
99985
99985
99986
99986
99987
99987
99988
99988
99989
3,7
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
3,8
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
99999
3,9
100000
100000
100000
100000
100000
100000
100000
100000
100000
100000
On dispose des relations simples suivantes entre Φ et Φ0 (découlant de la formule de Chasles pour les intégrales) :
si x≥0, alors Φ(x)=0,5+Φ0(x)
si x<0, alors Φ(x)=0,5−Φ0(−x)
Soit T une variable aléatoire suivant la loi normale centrée réduite :
pour tout x∈R,P(T≤x)=Φ(x) et pour tout x∈R+,P(0≤T≤x)=Φ0(x)
pour tout couple x1,x2 de réels tels que x1≤x2, P(x1≤T≤x2)=Φ(x2)−Φ(x1).
Exemples numériques
À l'aide de la table ci-dessus, on obtient, pour la variable aléatoire précédente :
Ainsi, F est continûment (et même indéfiniment) dérivable : X suit une loi à densité, et la dérivéef de F est une densité de probabilité de cette variable aléatoire ; pour tout x∈R,
On appelle loi normale (ou gaussienne, ou de Laplace-Gauss) de paramètres μ,σ2 (où σ>0) la loi de probabilité définie par la densité f:R→R+, telle que pour tout x∈R :
f(x)=σ1φ(σx−μ)=σ2π1e−21(σx−μ)2.
Une variable gaussienne est une variable aléatoire réelle qui suit une loi normale de paramètres μ,σ2 (où σ est soit positive, soit nulle). Le cas où σ est nul est appelé cas dégénéré et correspond aux variables aléatoires constantes. Cette convention étrange est commode, voire indispensable (par exemple pour définir les vecteurs gaussiens).
Notation: cette loi est notée N(μ,σ2) La loi normale centrée réduite est notée N(0,1).
On peut énoncer plusieurs propriétés, compte tenu de ce qui précède (le dernier point se démontrant de manière analogue).
Propriétés
Soit une variable aléatoire X qui suit la loi normale N(μ,σ2). Alors :
son espérance et sa variance existent et E(X)=μ, V(X)=σ2>0
sa fonction de répartition F est telle que pour tout x∈R,
F(x)=Φ(σx−μ)
la variable aléatoire X⋆=V(X)X−E(X), c'est-à-dire X⋆=σX−μ, suit la loi normale centrée réduite
si α,β sont deux réels (α=0), alors la variable aléatoire αX+β suit la loi normale N(αμ+β,α2σ2)
Soit une variable aléatoire X qui suit la loi normale N(μ,σ2). Alors la variable aléatoire exp(X) (de loi dite log-normale) possède les propriétés suivantes:
son espérance existe et vaut E[exp(X)]=exp(E(X)+2V(X))=exp(μ+2σ2)
sa variance existe et vaut V[exp(X)]=exp(2E(X)+V(X))[exp(V(X))−1]=exp(2μ+σ2)(exp(σ2)−1)
Soit une variable aléatoire X suivant une loi normale N(μX,σX2) et Y suivant une loi normale N(μY,σY2). Alors, la divergence de Kullback-Leibler entre ces deux distributions est de la forme :
Lorsque l'on travaille sur une représentation graphique, on estime fréquemment la largeur de la gaussienne par sa largeur à mi-hauteur H (en anglais full width at half maximum, FWHM), qui est la largeur de la courbe à une altitude qui vaut la moitié de l'altitude du sommet. La largeur à mi-hauteur est proportionnelle à l'écart type :
H=22ln(2)σ≃2,3548σ
Le facteur 2 sert à prendre en compte l'extension de la gaussienne dans les valeurs négatives.
Calcul de P(a ≤ X ≤ b)
Les résultats précédents permettent de ramener tout calcul de probabilité relatif à la loi normale N(μ,σ2) à un calcul de probabilité relatif à la loi normale centrée réduite. On a vu qu'on dispose de tables donnant des approximations de valeurs de la fonction Φ, tables qu'on utilise encore fréquemment, même si certaines calculatrices ou certains tableurs peuvent maintenant les remplacer.
Si la variable aléatoire X suit la loi normale N(μ,σ2), et si a,b sont deux réels tels que a≤b, on a :
P(a≤X≤b)=F(b)−F(a)=Φ(σb−μ)−Φ(σa−μ)
Cas d'un intervalle centré à la moyenne, plages de normalité
Si t est un réel positif,
P(μ−tσ≤X≤μ+tσ)=Φ(t)−Φ(−t)=Φ(t)−(1−Φ(t))=2Φ(t)−1
lorsque P(μ−tσ≤X≤μ+tσ)=α, où α∈]0,1[,
ce qui équivaut à 2Φ(t)−1=α, ou Φ(t)=2α+1,
l'intervalle [μ−tσ,μ+tσ]=[E(X)−tσ,E(X)+tσ] est appelé plage de normalité au niveau de confiance α
(si par exemple, α = 0,95, on dit : "plage de normalité au niveau de confiance 95%" : en statistique, c'est un intervalle dans lequel se trouve 95% de la population lorsque la distribution est gaussienne).
Exemples numériques
Grâce à la table précédente, on obtient :
P(μ−σ≤X≤μ+σ)≃0,6826 ;
l'intervalle [E(X)−σ,E(X)+σ] est la plage de normalité au niveau de confiance 68 %
P(μ−0,5H≤X≤μ+0,5H)≃0,76.. ;
l'intervalle [E(X)−0,5H,E(X)+0,5H] (H étant la largeur à mi-hauteur) est la plage de normalité au niveau de confiance 76 %
P(μ−2σ≤X≤μ+2σ)≃0,9544 ;
l'intervalle [E(X)−2σ,E(X)+2σ] est la plage de normalité au niveau de confiance 95 %
P(μ−3σ≤X≤μ+3σ)≃0,9974 ;
l'intervalle [E(X)−3σ,E(X)+3σ] est la plage de normalité au niveau de confiance 99 %
Champ d'application
Une planche de Galton nous montre que la loi binomiale tend vers la loi normale
Le Théorème de Moivre-Laplace affirme la convergence d'une loi binomiale vers une loi de Gauss quand le nombre d'épreuves augmente. On peut alors utiliser la loi normale comme approximation d'une loi binomiale de paramètres (n ; p) pour n grand et p, 1 - p de même ordre de grandeur ; on approche alors cette loi binomiale par la loi normale ayant même espérance n**p et même variance n**p(1 − p).
On a dessiné ci-dessous :
la loi binomiale de paramètres (12;1 / 3) (diagramme en bâtons rouge) et la loi normale correspondante d'espérance 4 et de variance 8 / 3 (courbe verte)
la loi binomiale de paramètres (60;1 / 3) (diagramme en bâtons rouge) , et la loi normale correspondante d'espérance 20 et de variance 40 / 3 (courbe verte)
En statistiques, de nombreux phénomènes suivent des distributions gaussiennes : données biométriques des individus (Adolphe Quetelet).
Critères et tests de normalité
Critères de normalité
Le recours à une distribution gaussienne est si fréquent qu'il peut finir par être abusif. Il faut alors rechercher des critères de normalité.
Le premier critère, le plus simple, consiste à tracer l'histogramme ou le diagramme en bâtons de la distribution et à vérifier si le diagramme est en forme de « cloche ». Ce critère, subjectif, permet cependant d'éliminer une partie des distributions jugées alors non gaussiennes.
Le critère suivant consiste à utiliser les plages de normalité ou intervalles de confiance. On a vu que si une distribution est gaussienne :
68% de la population est dans l'intervalle [x−σ;x+σ],
76% de la population est dans l'intervalle [x−0,5H;x+0,5H],
95% de la population est dans l'intervalle [x−2σ;x+2σ],
99% de la population est dans l'intervalle [x−3σ;x+3σ].
Lorsque ces pourcentages ne sont pas respectés, il y a fort à parier que la distribution n'est pas gaussienne.
On peut aussi utiliser la droite de Henry, en particulier quand on possède peu de renseignements sur la distribution. La droite de Henry va permettre de porter un diagnostic sur la nature non gaussienne de la distribution, et, dans le cas où celle-ci a des chances d'être gaussienne, elle permet d'en déterminer la moyenne et l'écart type.
Tests de normalité
Il existe également un grand nombre de tests de normalité:
Tests basés sur les moments, comme le Test de Jarque Bera ou test D'Agostino's K-squared (en)
Test d'adéquation du χ²
ou encore le test de Shapiro-Wilk (en)
Stabilité de la loi normale par la somme
La somme de deux variables gaussiennes indépendantes est elle-même une variable gaussienne. Plus explicitement :
Soient X1,X2 deux variables aléatoires indépendantes suivant respectivement les lois N(m1,σ12) et N(m2,σ22).
Alors, la variable aléatoireX1+X2 suit la loi normale N(m1+m2,σ12+σ22).
Cette propriété se démontre directement (par convolution), ou indirectement (au moyen des fonctions caractéristiques).
Exemple
On prend ici le gramme comme unité de masse. Si la masse du contenu d'une boîte de conserve suit la loi normale d'espérance 400 et de variance 25, et si celle du contenant suit la loi normale d'espérance 60 et de variance 4, alors (avec l'hypothèse, naturelle, d'indépendance) la masse totale de la boîte de conserve suit la loi normale d'espérance 460 et de variance 29 ; son écart type est environ 5,4 grammes.
Stabilité de la loi normale par la moyenne
Soient des variables aléatoires indépendantes suivant respectivement les lois normales N(μ1,σ12),N(μ2,σ22),…,N(μn,σn2).
Il ne faut pas confondre la somme de deux variables gaussiennes indépendantes, qui reste une variable gaussienne, et le mélange de deux populations gaussiennes, qui n'est pas une population gaussienne (voir aussi modèle de mixture gaussienne).
Un mélange constitué de
2/3 d'individus dont la taille suit une loi normale de moyenne 160 cm et d'écart type 15 cm, de densitéf
1/3 d'individus dont la taille suit une loi normale de moyenne 130 cm et d'écart type 10 cm, de densité g
suit une loi de moyenne (2/3)×160+(1/3)×130 = 150 cm, mais non gaussienne, de densité
h = (2/3) f + (1/3) g.
Sur la représentation graphique de la densité h, on peut apercevoir une double bosse : la distribution est bimodale.
Simulation
Il est possible de simuler, par exemple par ordinateur, un tirage aléatoire dont la loi est normale.
Les logiciels ou les langages de programmation possèdent en général un générateur de nombres pseudo-aléatoires ayant une distribution uniforme sur ]0,1[. On cherche donc une fonction transformant ces nombres. De manière générale, on peut prendre la fonction réciproque de la fonction de répartition : en l'occurrence, si la variable aléatoire U suit la loi uniforme sur ]0,1[, alors la variable aléatoire Φ−1(U) suit la loi normale centrée réduite ; cependant, cette méthode est tout à fait malcommode, faute d'expressions simples des fonctions Φ et Φ−1. En revanche, on peut facilement utiliser la méthode décrite ci-dessous.
Cas de la loi normale à une dimension
Pour simuler la loi normale à une dimension (celle qui a été étudiée jusqu'ici), on peut utiliser la méthode de Box-Muller dont voici le principe : Si U1 et U2 sont des variables aléatoires indépendantes qui suivent la loi uniforme sur ]0,1[, alors on démontre assez aisément que les variables aléatoires :
T1=−2lnU1cos(2πU2)
T2=−2lnU1sin(2πU2)
suivent toutes deux la loi normale centrée réduite (et sont indépendantes).
Les variables aléatoires X1=μ+σT1 et X2=μ+σT2 suivent donc toutes deux la loi normale N(μ,σ2), et indépendamment l'une de l'autre.
Exemple d'implémentation
#define DEUX_PI ( 2.0 * 3.141592653589793238462643383279502884197169399375 ) // PI x 2 // [ ... ] /** * Retourne un nombre pseudo-aléatoire selon une loi normale de paramètres mu et sigma * @param mu moyenne (espérance mathématique) de la distribution * @param sigma écart-type de la distribution (doit être strictement positif) */ double genererNombreLoiNormale(double mu, double sigma) { // On récupère deux nombres pseudo-aléatoires indépendants selon une loi uniforme sur l'intervalle [0;1] double randNumUni = ((double) rand())/((double) RAND_MAX); double randNumBi = ((double) rand())/((double) RAND_MAX); // On récupère un nombre pseudo-aléatoire selon une loi normale centrée réduite // (Paramètres : moyenne = 0, écart-type = 1) // Utilisation de l'algorithme de Box-Muller double randNumNorm = sqrt(-2.0*log(randNumUni))*cos(DEUX_PI*randNumBi); return (mu + sigma * randNumNorm); }
La loi multinormale ou loi normale sur Rn étend la loi normale à un vecteur aléatoire X=(X1,X2,…,Xn) à valeurs dans Rn.
Elle est caractérisée par deux paramètres : un vecteur m de moyennes, et une matrice de variance-covarianceV (carrée d'ordre n).
Pour simuler une loi multinormale non dégénérée de paramètres m et V, on utilise la méthode suivante :
Soit T un vecteur aléatoire à n composantes gaussiennes centrées réduites et indépendantes (la loi de T, multinormale, a pour moyenne le vecteur nul et pour matrice de variance-covariance la matrice identité).