La mission PICARD a deux objectifs scientifiques :
- l'étude de l'origine des variations de l'activité solaire.
- l'étude des relations entre le Soleil et le climat de la Terre.
L'étude de l'origine des variations de l'activité solaire
Le Soleil est régi par un ensemble de phénomènes physiques qui ont fait l'objet d'hypothèses donnant naissance à des modèles. Pour valider ceux-ci, les résultats théoriques obtenus à partir de ces représentations sont confrontés aux mesures recueillies par différents instruments chargés d'observer le Soleil depuis la Terre ou l'Espace. Les grandeurs mesurées sont le champ magnétique solaire, l'irradiance solaire totale, le spectre solaire, la distribution des régions actives à la surface du Soleil, les variations du diamètre de l'astre et l'héliosismologie c'est à dire les mouvements sismiques du Soleil. Le coefficient, utilisé dans les modèles, qui combine luminosité et rayon du Soleil est particulièrement imprécis (écart de 1 à 100 selon les mesures effectuées). Une meilleure connaissance, à laquelle devrait contribuer les mesures effectuées par Picard, permettrait d'accroitre sensiblement la pertinence des modèles .
L'activité solaire et les variations du climat terrestre
L'étude des variations du climat de la Terre sur de longues périodiques a mis en évidence un lien entre certains épisodes climatiques et l'action du Soleil. La variation des quantités d'énergie fournies par le Soleil a des répercussions sur le climat terrestre. C'est ainsi que les périodes glaciaires s'expliquent par des modifications (sur des milliers d'années) de l'orbite de la Terre (Paramètres de Milanković) qui éloignent périodiquement celle-ci du Soleil et altèrent son inclinaison. Les variations de l'activité solaire jouent également un rôle sur des périodes plus courtes mais les modèles actuels ne permettent pas de reconstituer avec précision les variations de la quantité d'énergie au cours des cycles solaires passés ce qui dégrade la qualité du modèle climatique terrestre élaboré en partie avec ces données . Actuellement les scientifiques ne peuvent prévoir l'activité solaire que de manière relativement empirique et sur quelques années faute de disposer de mesures suffisamment précises. Dans l'hypothèse d'un réchauffement climatique, la prévision de l'évolution à moyen terme de l'activité solaire devient nécessaire. Le satellite Picard utilise des méthodes de mesure du diamètre solaire qui devraient faciliter la détermination des tendances à long terme.
Par ailleurs les données disponibles, notamment sur le minimum de Maunder, semblent attester d'une évolution très rapide du climat lorsque l'énergie fournie par le Soleil diminue. Cette réaction est mal expliquée compte tenu de l'inertie thermique que devrait opposer la présence des océans sur Terre. Mais on a constaté que le cycle solaire affectait de manière beaucoup plus importante le rayonnement ultraviolet (8% d'écart) que l'irradiance solaire totale (0,1%) ce qui pourrait être à l'origine de la rapidité des changements climatiques. Les instruments de Picard ainsi que des installations au sol travaillant en synergie avec ceux-ci doivent tenter de confirmer cette théorie en mesurant la réponse de la stratosphère aux variations du rayonnement ultraviolet.