Cette pollution a deux aspects. Le premier, et le plus évident, est la présence sur les corps célestes explorés par l'homme des restes des sondes, robots et de leurs dispositifs d'atterrissage. La seconde, moins visible mais toute aussi importante, est la contamination de leurs environnements par les bactéries provenant de la planète Terre, emmenées par ces mêmes objets. La présence de ces bactéries pourrait à terme poser plusieurs problèmes, comme la perturbation des recherches de vie extra terrestre effectuée par les exobiologistes : comment savoir si une bactérie trouvée sur une planète ne provient pas de la sonde elle-même ? Les opinions concernant ces bactéries ont évolué depuis les premières missions spatiales ; si, il y a cinquante ans, la possibilité de survie de bactéries dans les environnements très difficiles que sont l'espace et les autres planètes était jugée peu probables, la découverte des bactéries extrêmophiles capables de vivre dans des conditions extrêmes, ainsi que de spores ayant survécu sur les sondes spatiales revenues sur Terre après leur mission, ont fait prendre conscience d'une possible pollution bactérienne.
Dans une optique de prévention, le Committee on Space Research (COSPAR) a publié son Planetary protection policy, texte indiquant les précautions nécessaires aux missions spatiales. Ce texte définit cinq catégories, selon le type de la planète (son intérêt pour les « études des processus des évolutions chimiques », ainsi que de la probabilité de sa contamination), et selon le type de la mission (survol lointain, mise en orbite, atterrissage, voire retour d'échantillons), et pour chacune de ces catégories, donne des recommandations concernant les précautions à prendre (risques de crashes, biodécontamination). À titre d'exemple, selon ce texte, les sondes atterrissant sur Mars comme Mars Exploration Rover entrent dans la catégorie 4, et doivent être stérilisées au niveau de 300 spores bactériennes par mètre carré.