Introduction
Le RAe TEE II, aussi connu sous le nom de Gottardo, est un célèbre train automoteur des Chemins de fer fédéraux suisses (SBB-CFF-FFS) utilisé pour les services TEE.
Le RAe TEE II, aussi connu sous le nom de Gottardo, est un célèbre train automoteur des Chemins de fer fédéraux suisses (SBB-CFF-FFS) utilisé pour les services TEE.
À la fin des années 50, les CFF passèrent commande de quatre trains capables d'assurer les services Trans-Europ-Express sur les différents réseaux ferroviaires ouest-européens. Il était nécessaire que ces trains soit compatibles aux quatre tensions électriques différentes présentes sur ces réseaux, deux solutions s'offraient aux concepteurs : la traction thermique ou électrique avec un train polytension. L'industrie suisse n'étant pas spécialiste de la traction thermique, la traction électrique offrant plus de souplesse au niveau de la traction fut logiquement choisie.
Le système polytension (ou quadri-courant, mais il ne s'agit en fait que de deux courants : alternatif et continu, et quatre tensions) fut reconduit sur dix locomotives CC 40100 de la SNCF et six de la série 16 de la SNCB, également créées pour les services TEE.

Rayon d'action des RAe TEE II et RABe EC tout au long de leur carrière
Ces quatre trains réversibles de cinq caisses furent mis en service pour l'horaire d'hiver 1961 sur trois relations TEE :
Le tournus suivant fut mis en place :

Rame TEE Le Cisalpin, en circulation sur DIJON-DOLE, (sens Paris-Milan), sortant du pont sur la Saône à Auxonne, années 1964-1965
Le 5 octobre 1962, soit peu de temps après la mise en service des RAe, le TEE Cisalpin est victime d'un grave accident près de Montbard. Lancée à 140 km/h, roulant en direction de Paris, la rame 1053 percute un wagon-citerne d'un train de marchandises roulant sur voie 1, couché à travers les voies à la suite d'une rupture de fusée, avec un engagement du gabarit de la voie 2 et il déraille. L'accident a fait neuf victimes retirées sans vie des décombres et trois blessés graves.
Durant la longue remise en état du train (près d'un an et demi), les CFF firent le pari de tenir le service sans effectuer l'entretien initialement prévu un jour sur quatre à Zurich. Et contre toute attente, ce pari fut gagné : pas une seule panne irréparable n'entrava l'exploitation !
En 1966, il est décidé d'augmenter la capacité en ajoutant une voiture supplémentaire de 42 places et de construire une cinquième rame. Cette dernière, comportant déjà six éléments, sera mise en service l'année suivante.
À compter du 26 mai 1974, le Cisalpin est assuré par une rame tractée composée de voitures inox de type Mistral 69. Outre les Gottardo et Ticino, les RAe effectuèrent encore les relations TEE suivantes :
Ainsi que, pendant un certain temps, une relation entre Zurich-Aéroport et Bâle-CFF pour le compte de Swissair.

RABe EC en gare de Berne
Dès 1988, les relations TEE cessèrent et les RAe furent alors transformés pour assurer des relations EuroCity. Elles reçurent une nouvelle livrée gris clair/gris foncé et la seconde classe fit son apparition.
Ainsi rénovées, elles reçurent un Brunel Award récompensant leur design, ainsi que le doux surnom de « Souris grises ».
Les désormais RABe EC effectuèrent les relations EuroCity suivantes :
Puis, également une liaison entre Berne et Frasne, en passant par Bienne et Neuchâtel pour assurer la correspondance avec les TGV Lausanne - Paris.
Après près de quarante ans de bons et loyaux services, les RABe EC accusèrent de plus en plus leur âge. Les rames 1052 et 1054 furent retirées du service en 1995 déjà et ferraillées. Les trois autres furent radiées à leur tour en 1999 et 2000, l'une d'elles servit quelque temps comme bureaux loués à des particuliers en gare de Bienne.
La rame 1053, celle-ci même qui subit l'accident de Montbard, fut choisie comme véhicule historique. Elle est alors remise à neuf dans les ateliers BLS de Bönigen et retrouve sa belle livrée rouge/crème TEE d'origine. Elle fait partie aujourd'hui du contingent de SBB-Historic, la fondation pour le patrimoine historique des CFF, et il est possible de la louer pour des voyages en groupe. La voiture-restaurant a retrouvé sa configuration d'origine et la voiture 5 a été dotée d'un aménagement spécial comprenant des tables et un piano.
A l'origine, une rame se compose de la manière suivante :
Par la suite, une seconde voiture intermédiaire (voiture 2), identique à la voiture 4 (devenue alors voiture 5), a été intercalée entre la première voiture-pilote et l'élément moteur. Lors de la transformation en RABe EC, la voiture-restaurant a perdu de la place au profit de sièges de 2ème classe (couloir central, disposition 2+2) et les voitures 5 et 6 reçurent la même disposition de sièges de 2ème classe.
À chaque extrémité du train étaient disposés des attelages automatiques Scharfenberg, permettant d'accoupler deux rames RAe TEE II (resp. RABe EC) en unités multiples, doublant ainsi la capacité, ou d'atteler une locomotive de secours en cas de panne.
La disposition particulière des lampes frontales est à souligner. Chaque voiture-pilote possède 5 feux : 1 supérieur et 4 inférieurs (2 de chaque côté). Le feu supérieur et les deux feux extérieurs éclairent en blanc ou rouge (3 blancs : marche normale ; 2 rouges : fin de convoi ; 3 rouges : signal d'alerte aux CFF). Les deux feux intérieurs sont commutables jaune ou vert (jaune : signalisation NS ; vert : disposition spéciale FS)
Pendant la marche, un mécanicien de bord était présent en permanence afin d'assurer la maintenance et d'éventuels dépannages. La rame étant si particulière et les nombreux pays traversés (donc les langues parlées) qu'une telle présence à bord était nécessaire et rassurante. Si aucun problème technique ne l'accaparait, le mécanicien de bord se rendait alors utile à la cuisine, au bar ou au restaurant.
Construits en 1961 (1051-1054) et 1967 (1055) par SIG et MFO Oerlikon
Entre 1961 et 1966/67
Entre 1966/67 et 1988/89
Dès 1988/89 jusqu'au retrait du service
Afin que le RAe TEE II puisse circuler dans tous les pays du pool TEE, pas moins de quatre pantographes différents étaient nécessaires. La conception particulière de ces derniers leur permettait de s’imbriquer lorsqu’ils sont en position basse.
| Pantographe 1 | Pantographe 2 | Pantographe 3 | Pantographe 4 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Réseaux | SNCF | SNCF | FS | CFF | SNCB | NS | DB et ÖBB |
| Courant capté | Courant continu | Courant alternatif | Courant continu | Courant alternatif | Courant continu | Courant alternatif | |
| Tension | 1 500 V | 25 000 V 50 Hz | 3 000 V | 15 000 V 16 ⅔ Hz | 3 000 V | 1 500 V | 15 000 V 16 ⅔ Hz |
| Conception palette | palette double | palette simple | palette simple | palette double | |||
| Largeur palette | 1 950 mm | 1 450 mm | 1 320 mm | 1 950 mm | |||
| Matière palette | cuivre-fer | cuivre-fer | aluminium | carbone | |||
| Panto de réserve pour | FS | - | FS | SNCF (CA 25 000 V 50 Hz) | |||
Ce prestigieux train était bien sûr destiné à se retrouver au catalogue de fabricants de modèles réduits ferroviaires. Mais la diversité de caisse exigeait quatre moules soient fabriqués afin de réaliser un train de six voitures ! La rentabilité d'un tel modèle n'était pas garantie. Malgré tout, quelques marques l'ont tout de même réalisé :