Découverte du "Saint-Graal" des antibiotiques
Publié par Adrien le 14/02/2020 à 08:00
Source: Université de Montréal
Une équipe de recherche canadienne, dont a fait partie un microbiologiste de l'Université de Montréal, a révélé un mécanisme d'action inédit présent dans deux nouveaux antibiotiques susceptibles de traiter les infections antibiorésistantes.

Faite par Yves Brun, du Département de microbiologie (La microbiologie est la science qui étudie les micro-organismes (ou microorganismes).), infectiologie et immunologie (L'immunologie est la branche de la biologie qui s'occupe de l'étude du système immunitaire. Apparu très tôt dans l'échelle de l'évolution, ce système a évolué...) de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des...), et des collègues de l'Université McMaster et de l'Université de l'Indiana, cette découverte ‒ que le professeur qualifie de "Saint-Graal des antibiotiques" ‒ paraît dans Nature.


Un mécanisme d'action inédit présent dans deux nouveaux antibiotiques susceptibles de traiter les infections antibiorésistantes vient d'être mis au jour. Crédit: Getty

"La complestatine et la corbomycine sont des antibiotiques qui s'attaquent au peptidoglycane (Le peptidoglycane (ou muréine, ou mucocomplexe, ou mucopeptide) est un polymère de glycosaminopeptide où la N-acétylglucosamine (NAG) et l'acide N-acétylmuramique...), la composante principale de la paroi cellulaire essentielle au développement et à la survie de presque toutes les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries...). Ces deux antibiotiques inhibent l'action des autolysines nécessaires à la croissance et la division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la fonction "division par ce nombre" est la réciproque de la...) cellulaires", explique Yves Brun, également titulaire de la Chaire de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) Canada 150 sur la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle...) cellulaire bactérienne.

Ainsi, lorsque les bactéries n'arrivent plus à se diviser, elles deviennent de plus en plus fragiles. "Avec ce mode d'action des antibiotiques, les bactéries se transforment en longs filaments plutôt qu'en petits bâtonnets, ce qui agit sur leur capacité à se reproduire", ajoute le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...).

Ces travaux décrivent un nouveau mode d'action d'antibiotiques pour la première fois depuis des décennies. Et il y a un boni: les bactéries que ces antibiotiques combattent sont incapables de développer une résistance significative à ces derniers.

Démythifier "l'armure" bactérienne


Yves Brun Crédit: Mélanie Dusseault
En décembre dernier, Yves Brun contribuait à une étude publiée dans Cell au sujet d'une autre percée connexe: la toute première modélisation de la couche de surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois...) propre à certaines bactéries.

Nommée S-layer (pour surface layer), cette couche externe (  Ne pas confondre couche de valence et valence) reste encore aujourd'hui un mystère pour les microbiologistes, qui ne comprennent toujours pas précisément sa fonction, même s'il est clair qu'elle joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert...) un rôle important dans la protection de la cellule bactérienne. Toutefois, Yves Brun et ses collaborateurs sont parvenus, grâce à des techniques de cryomicroscopie électronique, à modéliser sa structure et à mieux comprendre la façon dont elle est reliée à la cellule.

"La connaissance de la structure détaillée à l'échelle atomique de cette relation entre la couche de surface et la surface de la cellule offre un potentiel énorme pour pouvoir ensuite mettre au point (Graphie) des molécules qui pourront cibler cet attachement et rendre la cellule plus sensible aux antibactériens", précise Yves Brun.

Combinée avec le nouveau mode d'action mis au jour, cette découverte "laisse entrevoir des perspectives pour fragiliser l'action des bactéries et les rendre plus vulnérables", conclut-il.
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