Éduquer le système immunitaire, prévenir les allergies
Publié par Isabelle le 19/05/2015 à 12:00
Source: Université McGill
Pour des millions de Canadiens, l'arrivée du printemps marque le rituel des éternuements et d'une respiration sifflante causés par leurs allergies saisonnières.

Une équipe de recherche à l'Hôpital de Montréal pour enfants de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) du Centre universitaire de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) McGill (IR-CUSM) leur apporte une lueur d'espoir grâce à un vaccin qui serait capable de rediriger la réponse immunitaire et l'écarterait ainsi de la voie qui conduit au développement des allergies. Les résultats, publiés dans la revue Mucosal Immunology, ont des implications cliniques importantes car les allergies et l'asthme (L'asthme (phon. : [asm]) du latin asthma signifiant « respiration difficile », est une maladie du système respiratoire touchant les voies...) sont des conditions permanentes qui se déclarent souvent dès l'enfance et qui n'ont, pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une...), aucune cure.

"Pour la première fois, notre étude offre la possibilité de prévenir les allergies en utilisant une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite...) qui éloigne la réponse immunitaire de la réponse allergique", explique l'auteure principale, Dre Christine McCusker, allergologue à l'Hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à domicile ou...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des...) pour enfants et professeure agrégée au Département de pédiatrie (La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le développement psycho-moteur et physiologique normal...) à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et...) McGill. "Cette découverte est très prometteuse puisque la molécule que nous avons développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) peut être administrée sous forme de goutte dans le nez (Le nez (du latin nasus) est chez l'homme la saillie médiane du visage située au-dessus de la lèvre supérieure et qui, en le surplombant, recouvre l'orifice des fosses nasales, qui constituent le segment supérieur...) par pulvérisation (Le terme de pulvérisation a été introduit en 1975 par J. M. Steele dans sa thèse de doctorat, à l'université Stanford.)".

On estime que 20 à 30 pour cent de la population canadienne souffre de toute une gamme d'allergies. Les recherches récentes indiquent qu'un Canadien sur 13 souffre d'une allergie (L'allergie est une réaction anormale, inadaptée, exagérée et excessive du système immunitaire de l'organisme, consécutive à un contact avec une substance étrangère (le plus...) alimentaire importante. On ne sait toujours pas ce qui cause les allergies, mais nous croyons que tous les enfants naissent avec le potentiel de développer des allergies. Les enfants qui n'ont pas d'allergies passent à une réponse immunitaire non allergène lorsqu'ils sont confrontés aux allergènes. Chez ceux qui développent des allergies, ce changement n'est pas effectué au moment où ils sont confrontés à des allergènes.

La Dre McCusker et son équipe des Laboratoires Meakins-Christie ont eu recours à des modèles animaux pour tester une molécule précise - le peptide STAT6 - qui est importante dans le développement de la réaction allergique. Ils pensaient que s'ils pouvaient provoquer l'inhibition de cette molécule, cela réduirait les symptômes des maladies des voies respiratoires dues aux allergies, comme l'asthme, chez les animaux allergiques. Ils espéraient aussi empêcher l'allergie de se développer. Pour ce faire, ils ont développé un peptide inhibiteur, le STAT6-IP, et l'ont administré par voie intranasale à des souriceaux nouveau-nés au moyen de gouttelettes.

"En administrant le peptide STAT6-IP très tôt, avant même que les allergies soient présentes, nous avons pu éduquer le système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...). Donc, quand nous avons ensuite essayé de rendre les souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais aussi de...) allergiques, nous ne pouvions pas, parce que le système immunitaire avait "appris" à tolérer les allergènes," explique Dre McCusker qui est également chercheuse à l'IR-CUSM.

"La beauté de notre approche, c'est que nous n'avons pas besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois...) de la jumeler à un allergène spécifique, nous n'utilisons que ce peptide. Celui-ci redirige tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) simplement le système immunitaire ailleurs que vers la réponse allergique et cela n'aura plus d'importance si l'enfant est exposé au pollen (Le pollen (du grec palè : farine ou poussière) constitue, chez les végétaux supérieurs, l'élément fécondant mâle de la fleur : ce sont de minuscules grains...), aux chats ou aux chiens, car le système immunitaire ne formera plus de réaction allergique agressive", ajoute Dre McCusker.

"Chez les sujets susceptibles de développer des allergies, ce système a pris la "mauvaise" décision en cours de route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.)", explique Dre McCusker. "C'est comme si on éduquait le système immunitaire à suivre la bonne voie."

Les chercheurs étudient actuellement l'effet de ce peptide de plusieurs façons pour voir dans quels autres domaines ce genre d'enseignement (L'enseignement (du latin "insignis", remarquable, marqué d'un signe, distingué) est une pratique d'éducation visant à développer les connaissances d'un élève par le biais de...) immunitaire pourrait prévenir les maladies, comme le domaine des allergies alimentaires. Ils espèrent ensuite passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) aux essais cliniques chez l'humain.

Partenaires de recherche

L'étude "TGF-ß-Mediated Airway Tolerance to Allergens Induced by Peptide based Immunomodulatory Mucosal Vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le vaccin) dans un organisme vivant afin de créer une réaction immunitaire...)" a été coécrite par H. Michael, Y. Li, Y. Wang, D. Xue, J. Shan, BD. Mazer et CT. McCusker des Laboratoires Meakins-Christie, de l'Université McGill et de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, Montréal, Québec, Canada.

Financement

Cette recherche a été rendue possible grâce au financement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), de l'Institut thoracique de Montréal et de la Fondation de la famille Strauss, des Fonds de recherche JT Costello Memorial, des Fonds de Recherche du Québec-Santé (FRQS), et de l'Institut de recherche de l'Hôpital de Montréal pour enfants.
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