L'effet prébiotique augmente l'effet d'une hormone anti-obésité
Publié par Adrien le 25/10/2011 à 12:00
Source: BE Belgique numéro 56 (21/10/2011) - Ambassade de France en Belgique / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /68017.htm
L'épidémie mondiale de diabète de type 2 et d'obésité ne cesse de progresser. Récemment, c'est la composition de notre flore intestinale (microbiote intestinal) qui avait été pointée du doigt comme étant l'un des facteurs environnementaux contribuant au développement de ces maladies. Les chercheurs de l'UCL (Metabolism and Nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son fonctionnement. La nutrition est également une science pluridisciplinaire, comportant deux...) Research Group, Louvain Drug Research Institute) avaient déjà démontré que les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart...) intestinales étaient capables d'influencer l'accumulation de graisse (La graisse est un corps gras se présentant à l'état solide à température ordinaire. Le terme s'oppose aux huiles qui se présentent sous forme liquide. On distingue les graisses des...) dans l'organisme et finalement l'obésité (L'obésité est l'état d'une personne, ou d'un animal, souffrant d'une hypertrophie de la masse adipeuse, qui se traduit par un excès de poids, réparti de façon généralisée dans les diverses zones...). Dernièrement, ils avaient découverts que l'ingestion de prébiotiques (sorte d'engrais (Les engrais sont des substances, le plus souvent des mélanges d'éléments minéraux, destinées à apporter aux plantes des compléments d'éléments nutritifs,...) pour les bactéries de l'intestin) diminuait aussi l'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure,...) associée à l'obésité et au diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien...).

Amandine Everard, chercheuse UCL dans l'équipe du professeur Patrice Cani vient de faire deux découvertes majeures dans ce domaine.

Premièrement, grâce à l'utilisation d'outils de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle des êtres...) moléculaire très puissants (métagénomiques), les chercheurs UCL ont découvert que les prébiotiques (un type de fibre (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) alimentaire) modifiaient près de 102 bactéries dans le microbiote (Le microbiote est une nouvelle dénomination de la microflore.) intestinal d'animaux obèses et diabétiques de type 2. Par ailleurs, certaines de ces bactéries seraient associées à l'amélioration du diabète de type 2 (Cet article traite du « diabète de type 2 », une forme de diabète sucré. Mais il existe d'autres diabètes : voir la page d'homonymie Diabète .) et pourraient participer aux dialogues établis entre certaines hormones produites par l'intestin (L'intestin est la partie du système digestif qui s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères,...) et des organes clés comme le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et...), le pancréas (Le pancréas est un organe abdominal, une glande annexée au tube digestif. Il est rétropéritonéal, situé derrière l'estomac, devant et au-dessus des...) ou le tissu adipeux (Le tissu adipeux (masse grasse)).

Deuxièmement, il est clairement établi que l'obésité est caractérisée par une résistance à la leptine, c'est-à-dire une incapacité pour cette hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs...) de pouvoir communiquer avec les organes. Cette hormone produite par les cellules du tissu adipeux a, entre autres, pour but de faire manger moins, de dépenser plus d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) au repos et d'améliorer les effets d'autres hormones de l'organisme en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'éviter le développement d'une surcharge pondérale et le diabète de type 2. Dans ces travaux, l'équipe de chercheurs UCL montre que changer le microbiote intestinal avec des prébiotiques permet d'augmenter la sensibilité à la leptine et donc de contourner en partie ce problème majeur, redonnant en quelque sorte la capacité à cette hormone d'être visible par l'organisme. Ce nouveau mécanisme expliquerait sans doute en partie pourquoi les prébiotiques (en changeant le microbiote intestinal) diminuent l'appétit (L'appétit est le désir de manger. L'appétit existe dans les formes de vies les plus évoluées pour réguler la...), le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est...) corporel et finalement le diabète de type 2.

Ce travail de quatre années de recherches et fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par transformation du pistil. La paroi de...) d'une collaboration étroite entre 4 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste le plus souvent sous forme de...) d'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des...) et plus de 8 laboratoires vient d'être publié dans la revue internationale américaine Diabetes éditée par la prestigieuse "Amercian Diabetes Association".

Enjeux potentiels: ces découvertes font grandir l'espoir de découvrir de "nouvelles bactéries" capables d'avoir un impact positif sur l'organisme, là où les moyens thérapeutiques actuels restent sans succès.
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