Maux de dos: des étirements bienfaisants ?

Publié par Adrien le 23/09/2020 à 09:00
Source: Université Laval
Une étude exploratoire publiée dans le Scandinavian Journal of Pain par une équipe de l'Université Laval et de l'Université McGill suggère que des étirements passifs et prolongés du dos diminuent la sensibilité à la douleur. Si ces résultats sont confirmés auprès de patients souffrant de maux de dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les côtes. Les dorsaux...) chroniques, cette intervention pourrait devenir un outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la...) intéressant dans la lutte contre le fléau que constituent les douleurs lombaires.


Pour les besoins de leur étude, les chercheurs ont recruté 22 sujets en bonne santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) et exempts de maux de dos. Les participants ont d'abord subi un test servant à mesurer leur seuil de sensibilité à la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un signal d'alarme de l'organisme pour signifier une remise...) au niveau des muscles du bas du dos et de l'avant-bras (L'avant-bras est, chez l'homme, la partie du membre supérieur comprise entre le coude et le poignet.). "À l'aide d'un algomètre, nous augmentons progressivement la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) exercée sur le muscle (Les muscles sont une forme contractile des tissus des animaux. Ils forment l'un des quatre types majeurs de tissus, les autres étant le tissu épithélial, le tissu conjonctif, le tissu nerveux. Ce tissu forme, avec le tissu nerveux,...) jusqu'à ce que le seuil de douleur soit atteint", explique le responsable de l'étude, Hugo Massé-Alarie, professeur au Département de réadaptation (En ergothérapie, la réadaptation est le processus visant à réduire les incapacités d'une personne. La réadaptation s'inscrit dans la suite logique :...) de l'Université Laval (L’Université Laval est l'une des plus grandes universités au Canada. Elle a comme origine le Séminaire de Québec, fondé en 1663...) et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) au Centre interdisciplinaire (Un travail interdisciplinaire intègre des concepts provenant de différentes disciplines.) en recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) en réadaptation et intégration sociale.

Par la suite, les sujets ont exécuté une séance d'étirement des muscles du dos. Pendant trois minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte...), ils devaient rester allongés en position dorsale, les jambes repliées sur la poitrine. Un rouleau en mousse placé sous le sacrum et une sangle ceinturant leurs cuisses assuraient le maintien de la position, en minimisant les contractions musculaires. "En général, après 30 secondes, les étirements ne procurent pas de bénéfice supplémentaire pour la flexibilité musculaire. Par contre, comme nous nous intéressons à la sensibilité à la douleur, nous avons utilisé une durée suffisamment longue pour créer un inconfort chez les sujets", explique le professeur Massé-Alarie.

Les chercheurs ont ensuite retesté les participants avec l'algomètre. Résultats ? "Les étirements du dos ont augmenté de façon significative le seuil de sensibilité à la douleur. Cette tolérance plus élevée a été notée non seulement dans le bas du dos, mais aussi à l'avant-bras. L'effet semble systémique (La systémique - du grec « systema », « ensemble organisé » - est une méthode scientifique qui applique la...), comme si les étirements provoquaient une réaction au niveau du système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements musculaires, contrôle le fonctionnement des...) central."

Les répercussions cliniques de ces résultats restent à préciser, souligne prudemment le chercheur, qui rappelle qu'une douleur provoquée diffère d'une douleur spontanée. Toutefois, si l'efficacité des étirements pour élever le seuil de tolérance à la douleur était confirmée chez des personnes souffrant de maux de dos, on pourrait les utiliser à deux fins, poursuit-il. "D'une part, ils pourraient aider les patients à gérer leur douleur à court terme. D'autre part, comme leur tolérance à la douleur serait plus grande, ils craindraient moins de faire les exercices de réadaptation qui leur sont recommandés."

L'étude publiée dans le Scandinavian Journal of Pain est signée par Hugo Massé-Alarie, Mikaël Desmons et Catherine Mailloux, de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) Laval, et Marie-Claude Larouche, Samuel Camiré Bernier, Rosalie Racine et Olivier Collin, de l'Université McGill (L’Université McGill, située à Montréal au Québec, est une des universités les plus anciennes au Canada.).
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