Le monde difficile de l'enfance ne dure qu'un temps
Publié par Adrien le 21/01/2019 à 08:00
Source: Université de Montréal

Crédit: Getty
En général, les jeunes enfants deviennent plus agressifs physiquement entre l'âge d'un an et demi et de trois ans et demi, mais cette agressivité se dissipe au fur et à mesure qu'ils grandissent ou quand ils entrent à l'école, révèle une nouvelle étude de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la...).

Certains enfants continuent toutefois de se montrer agressifs jusqu'à l'adolescence, ce qui les maintient en marge de la société, les incite à participer à des crimes violents, à boire de l'alcool et à prendre de la drogue (Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou plusieurs activités neuronales et/ou de perturber les communications neuronales. La consommation de drogues par l'homme afin de modifier ses...).

Les enfants les plus à risque d'avoir un comportement agressif pendant toute leur enfance sont, surtout chez les garçons, ceux qui ont des parents peu éduqués et sujets à la dépression et qui grandissent dans une famille à revenu modique avec plusieurs frères et soeurs.

L'étude dirigée par Sylvana Côté, professeure à l'École de santé publique (La santé publique peut être définie de diverses manières. On peut en effet la présenter comme « l'étude, d'une part, des...) de l'UdeM, repose sur plus de 12 années d'évaluations comportementales menées dès la fin des années 90 auprès de 2223 enfants québécois âgés de 18 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) à 13 ans.

Les évaluations ont été réalisées par les mères et les enseignants des enfants ainsi que par les enfants eux-mêmes. Les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) sont tirées de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, qui fut lancée à la fin des années 90 par Richard E. Tremblay, professeur de pédiatrie (La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le développement psycho-moteur et physiologique normal de...) et de psychologie à l'Université de Montréal.

Les résultats sont parus juste après Noël dans JAMA Network Open, une revue en ligne de l'American Medical Association. Les chercheurs espèrent que leur travail aidera les enfants à risque dans leur petite enfance, avant que leurs problèmes empirent.

"Les caractéristiques familiales des enfants, cinq mois après leur naissance, pourraient servir à cibler des interventions préscolaires destinées à prévenir l'émergence d'agressions physiques chroniques chez les enfants, lit-on dans l'étude, et des interventions pendant la grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce qu'elle puisse survivre hors du corps de la...) et la petite enfance pourraient aider à prévenir les nombreuses agressions physiques chez les enfants qui vivent dans des familles à risque."

Richard E. Tremblay est le directeur fondateur du GRIP à l'Université. Spécialisé dans la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) sur les enfants inadaptés, il a reçu le Prix de Stockholm de criminologie en 2017 et a été nommé officier de l'Ordre du Canada en décembre dernier. Il est également professeur émérite (Dans le domaine de l'enseignement supérieur, l'éméritat est un titre honorifique accordé à certains professeurs admis à faire valoir leur droit à la retraite. Décerné en considération des travaux et des services rendus,...) à la University College Dublin.

Dans la nouvelle étude, chaque enfant est évalué selon la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...) à laquelle il ou elle se bat et attaque physiquement, frappe, mord ou tape d'autres enfants (c'est-à-dire parfois, souvent ou jamais).

Les filles ont tendance à obtenir de meilleurs scores que les garçons, car elles sont habituellement bien moins agressives qu'eux physiquement, mais pas toujours. En général, les scores révèlent qu'une fille sur quatre est plus agressive physiquement que les autres enfants, de la petite enfance au début de l'adolescence, si elle vient du même milieu à haut risque que les garçons. Ces filles ont tendance à avoir de moins bonnes notes à l'école, à commencer à fumer (Fumer est une pratique consistant à brûler une substance pour en inhaler la fumée par la bouche ou le nez.) tôt, à tomber enceintes jeunes et à être victimes de violence de la part de leur petit ami.
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