Les arnaques téléphoniques existent dans le monde entier. Le Japon est également en proie à ce problème, appelé "furikome sagi" (littéralement arnaque au virement bancaire). Ce type d'escroquerie touche principalement les personnes âgées éloignées de leur famille.
Des personnes indélicates utilisent fréquemment un stratagème particulier prenant la forme d'une simple communication téléphonique: "- Allo ? - Oui, c'est moi.". La personne se désignant par "moi" se fait ainsi passer pour un des proches de l'interlocuteur (un fils ou petit-fils en difficulté), ce qui a donné à cette technique un autre nom: "ore ore sagi" (arnaque du "C'est moi ! C'est moi !"). Le voleur tente alors d'extorquer de l'argent à sa victime par virement bancaire ou en demandant un numéro de carte bleue. D'autres arnaques téléphoniques jouant sur l'intimidation (faux officiers de police, faux vendeurs par correspondance, etc.) existent par ailleurs.
Compte tenu de la multiplication de ces fraudes, Fujitsu a développé en partenariat avec l'Université de Nagoya une
technologie d'analyse de l'intonation de la voix afin de détecter des situations de confiance excessive chez l'utilisateur.
La voix des victimes d'arnaque téléphonique peut se modifier
Lorsque visée par un flux conséquent d'informations pénibles, une personne peut perdre une partie de sa capacité à évaluer la crédibilité d'une information et ainsi attribuer une confiance excessive à des personnes mal intentionnées. La reconnaissance vocale, permettant de reconnaître certains mots-clés dans une conversation, était jusqu'ici la technologie privilégiée pour identifier ces situations, mais la voix des victimes de ce type d'abus de confiance peut se troubler, ce qui rend alors ce dispositif peu précis et peu fiable.
L'Université de Nagoya et Fujitsu ont donc utilisé une approche
différente, en observant l'intensité de la voix et sa
fréquence. L'intensité de la voix des personnes en
situation d'abus de confiance a tendance à devenir plus plate, ce qui est détectable informatiquement. Cette technique semble avoir une certaine
fiabilité, puisque ses développeurs indiquent pouvoir détecter cet état de sur-confiance dans plus de 90% des cas.
Afin d'éviter ces arnaques téléphoniques, un logiciel est installé sur un téléphone mobile. Il utilise conjointement cette technologie de détection d'excès de confiance et une
recherche automatique de mots-clés. Si l'interlocuteur utilise des mots typiques d'une arnaque téléphonique, et que la voix de l'utilisateur indique un état de jugement altéré, la conversation est identifiée comme une arnaque téléphonique et le logiciel peut alerter des proches de ces agissements.
La recherche de mots-clés ignore tous les termes ne faisant pas partie d'une liste prédéfinie (contenant par exemple "endettement" ou "indemnisation"), ce qui permet de dissiper d'éventuelles préoccupations sur le respect de la vie privée.
Des essais pratiques de ce système vont être conduits en partenariat avec la Banque de Nagoya et l'Académie de Police de Nagoya. Ces travaux avaient débuté fin 2009 et constituaient une composante d'un projet de recherche du programme CREST (Core Research of Evolutional
Science and Technology) de l'Agence Japonaise pour la Science et la Technologie (JST).