La stimulation cérébrale réduit les effets de la dyslexie

Publié par Isabelle le 10/09/2020 à 13:00
Source: Université de Genève
La difficulté à lire, caractéristique principale de la dyslexie, peut être combattue par stimulation cérébrale non invasive, un espoir pour les personnes atteintes de ce trouble.


L'aptitude à la lecture est perturbée chez les personnes dyslexiques. © UNIGE/Silvia Marchesotti.

Un dixième de la population est touché par la dyslexie (La dyslexie est un trouble de l'apprentissage de la lecture, liée à une difficulté particulière à identifier les lettres, les syllabes ou les mots qui se manifeste en l'absence de tout déficit visuel, auditif ou...) qui peut entraîner un trouble de l'apprentissage de la lecture (L'apprentissage de la lecture est un sujet qui a intéressé de nombreux pédagogues. Il est un des apprentissages essentiels de l'école primaire avec l'écriture...) et créer un handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui...) à vie (La vie est le nom donné :). La principale cause identifiée est une difficulté à traiter les sons du langage, appelée déficit phonologique. Elle est associée à des changements du rythme oscillatoire de l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) neuronale dans le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) auditif gauche -une aire cérébrale responsable du traitement des sons. Des neuroscientifiques de l'Université de Genève (L'université de Genève (UNIGE) est l'université publique du canton de Genève en Suisse. Fondée en 1559 par Jean Calvin, sous le nom d'Académie de...) (UNIGE) ont démontré, dans une étude publiée dans la revue Plos Biology, une relation de cause à effet entre ces oscillations et la difficulté des personnes dyslexiques à intégrer des processus essentiels à la lecture. À l'aide d'une technique de stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la stimulation par un potentiel d'action, qui est...) électrique non invasive capable de rétablir des fréquences normales d'activité neuronale, les déficits phonologiques et la précision de lecture ont pu être améliorés chez des dyslexiques adultes.

Silvia Marchesotti et Anne-Lise Giraud, respectivement chercheuse et professeure au sein du Département des neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux...) fondamentales de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...) de l'UNIGE, se sont intéressées avec leurs collègues à la principale cause possible de la dyslexie: le déficit phonologique. "Nous savons que pendant leur développement cérébral, soit pendant leur scolarité et l'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs culturelles, par l'observation, l'imitation,...) de la lecture, les enfants dyslexiques ont des difficultés à dissocier les sons. Cela perturbe leur compréhension des mots, oralement comme par écrit", expose Silvia Marchesotti. Ce déficit phonologique est connu pour être associé à des changements dans les schémas rythmiques ou répétitifs de l'activité neuronale, en particulier les oscillations à une fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le...) de 30 Hz, dites "gamma", dans le cortex auditif gauche. L'étude genevoise démontre pour la première fois qu'une relation causale existe entre ces oscillations et la capacité cérébrale à traiter les phonèmes- les éléments sonores du langage comme les voyelles et les consonnes.

Stimuler la lecture

Les neuroscientifiques ont appliqué une technique de stimulation transcrânienne par courant alternatif (Le courant alternatif (qui peut être abrégé par CA, ou AC, pour Alternating Current en anglais, étant cependant souvent utilisé) est un courant électrique qui change de sens.), utilisée en médecine pour traiter certaines maladies comme la dépression. La stimulation du cortex auditif gauche pendant une période de 20 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. ...) chez 15 adultes dyslexiques et 15 lectrices et lecteurs fluides en guise de comparatif a immédiatement amélioré le traitement phonologique et la précision de lecture dans le groupe dyslexique. L'effet bénéfique de la stimulation est plus prononcé chez les personnes ayant de faibles compétences en lecture, mais les neuroscientifiques ont noté un effet légèrement perturbateur chez les très bons lecteurs ou lectrices.

Vers des traitements non invasifs

L'étude genevoise ouvre la voie à des interventions thérapeutiques non invasives visant à améliorer le traitement phonologique chez les personnes atteintes de dyslexie. "Les prochaines étapes consisteront à découvrir si la normalisation de la fonction oscillatoire chez les très jeunes enfants pourrait avoir un effet durable sur l'organisation (Une organisation est) du système de lecture", souligne Silvia Marchesotti.

Cette étude va pérenniser son objectif au sein du nouveau Pôle de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne également le cadre...) national (PRN) "Evolving Language". La méthode utilisée sera toutefois différente (En mathématiques, la différente est définie en théorie algébrique des nombres pour mesurer l'éventuel défaut de dualité d'une application définie à l'aide de la trace, dans l'anneau des...): au lieu d'utiliser des stimulations électriques, les neuroscientifiques vont tenter d'obtenir des résultats équivalents par neurofeedback, une technique non invasive qui consiste à apprendre aux patient-es l'autorégulation des signaux cérébraux. "Le but reste le même, mais l'utilisation d'une méthode moins invasive nous permettra de conduire des essais avec des enfants", souligne Anne-Lise Giraud, responsable du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité de contribution, et...).
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