🔋 Essais réussis pour une batterie comestible

Une petite batterie peut alimenter un appareil électronique dans le système digestif, puis se dégrader lorsqu'elle n'est plus nécessaire.

Les capsules électroniques ingestibles existent déjà pour observer ou mesurer ce qui se passe dans le corps. Certaines peuvent aussi transmettre des informations ou assurer une action temporaire. Elles ont cependant besoin d'énergie. Une pile classique contient des matériaux qui ne sont pas conçus pour rester dans l'organisme et doit normalement être évacuée sans dommage.

Une batterie biorésorbable intégrée à une capsule ingestible se désagrège dans l’estomac après utilisation.

Une batterie biorésorbable intégrée à une capsule ingestible se désagrège dans l’estomac après utilisation.
Crédit : Courtesy of the researchers; MIT News — CC BY-NC-ND.

Des chercheurs ont donc conçu une batterie dont les principaux éléments peuvent progressivement disparaître dans le corps. Elle utilise notamment du magnésium et du trioxyde de molybdène, déposés sur un support en papier. L'ensemble est protégé par des matériaux adaptés à un séjour temporaire dans le système digestif.

La batterie atteint une tension maximale de 1,84 V. Une version destinée aux capsules a conservé une tension d'environ 1,6 V pendant une journée de décharge continue. Ces performances suffisent pour alimenter plusieurs fonctions électroniques de petite taille, sans recourir à une pile conventionnelle.

Les chercheurs l'ont notamment intégrée à une capsule capable d'envoyer un signal radio. Ce dispositif permet de suivre le passage d'une capsule après son ingestion. Lors des essais hors d'un organisme, le signal pouvait être détecté correctement à distance.

Les dispositifs ont aussi été testés chez des porcs, dont le système digestif présente des dimensions proches de celui de l'humain. Une batterie est notamment restée opérationnelle dans l'estomac pendant trois jours. D'autres expériences ont vérifié la transmission radio et le fonctionnement électrique.

Un appareil qui traverse rapidement l'intestin peut simplement être éliminé naturellement en quelques jours. Dans ce cas, des composants capables de se dégrader apportent surtout une sécurité supplémentaire si le dispositif reste bloqué plus longtemps que prévu.

Plusieurs points restent à étudier avant d'envisager des usages chez l'humain. Les chercheurs doivent notamment mesurer la durée de conservation des batteries avant utilisation et leur stabilité sur de longues périodes. Ils veulent aussi mieux contrôler l'épaisseur de leur enveloppe protectrice, qui influence le moment où les différents éléments commencent à se dégrader.