🌡️ Le franchissement du seuil climatique de +1,5 °C désormais inévitable

Le seuil climatique de 1,5 °C devrait être franchi durablement à l’échelle de quelques années.

Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime désormais que ce dépassement est largement considéré comme inévitable avec les politiques actuelles et les trajectoires à court terme. Le seuil correspond à une hausse de la température moyenne mondiale de 1,5 °C par rapport à la période précédant l’industrialisation.

Image d'illustration Pixabay

Image d'illustration Pixabay

Une année isolée au-dessus de cette valeur ne signifie pas que l’objectif climatique est déjà définitivement dépassé. L’année 2024 avait ainsi dépassé 1,5 °C en moyenne. Pour suivre le changement climatique, les scientifiques examinent des tendances sur plusieurs années, car la température varie naturellement d’une année à l’autre.

Le nouveau rapport s’intéresse donc à ce qui se passe après le franchissement. Le scénario étudié comporte trois étapes, à condition d'agir rapidement : la température dépasse 1,5 °C (désormais inévitable), atteint un maximum puis redescend (si des actions drastiques sont prises).

Le Programme des Nations unies pour l’environnement appelle cette trajectoire un dépassement temporaire, ou « overshoot » en anglais.

La hauteur de ce maximum compte beaucoup. Dans le scénario le plus favorable étudié, le réchauffement culminerait autour de 1,8 °C. D’autres trajectoires dépassent 2 °C. Chaque fraction de degré supplémentaire accroît les risques liés aux chaleurs extrêmes, aux écosystèmes, à l’eau, à l’alimentation, aux infrastructures et aux zones côtières basses.

La durée passée au-dessus de 1,5 °C compte également. Plus cette période se prolonge, plus augmente la probabilité de changements irréversibles. Le rapport cite notamment les grandes calottes glaciaires, la forêt amazonienne et la circulation océanique de l’Atlantique (AMOC). Certains dommages peuvent aussi dépasser les capacités d’adaptation de populations ou d’écosystèmes.

Concrètement, limiter le pic demande des réductions rapides et durables des émissions de gaz à effet de serre, notamment du méthane, jusqu’à atteindre des émissions nettes nulles. Pour faire ensuite baisser la température, il faudrait retirer durablement davantage de dioxyde de carbone de l’atmosphère qu’il n’en est ajouté.

Ces retraits peuvent notamment passer par les forêts ou par des procédés techniques capables de capter puis stocker du dioxyde de carbone. Plus le réchauffement monte avant de redescendre, plus les volumes à retirer deviennent importants et plus les risques climatiques augmentent.

Le rapport insiste aussi sur l’adaptation, car certains effets sont déjà présents et d’autres arriveront avant une éventuelle baisse des températures. La prochaine étape consiste donc à agir simultanément sur deux fronts : réduire le pic de réchauffement et préparer les sociétés aux conditions climatiques rencontrées pendant cette période de dépassement.