🐘 Les Ă©lĂ©phants savent rĂ©frĂ©ner leur rĂ©flexe pour ĂȘtre plus efficaces

Face à une friandise pourtant bien visible, des éléphants ont réussi à ne pas céder au geste qui semblait le plus évident.

L’expĂ©rience a Ă©tĂ© menĂ©e avec 16 Ă©lĂ©phants d’Asie, huit mĂąles et huit femelles, ĂągĂ©s de 4 Ă  60 ans. Les animaux vivent au National Elephant Institute, en ThaĂŻlande. Les chercheurs voulaient savoir s’ils pouvaient retenir une action spontanĂ©e lorsqu’une autre stratĂ©gie permettait d’atteindre plus efficacement de la nourriture.

Un Ă©lĂ©phant d’Asie introduit sa trompe dans une boĂźte contenant une rĂ©compense alimentaire lors d’une expĂ©rience en ThaĂŻlande.

Un Ă©lĂ©phant d’Asie introduit sa trompe dans une boĂźte contenant une rĂ©compense alimentaire lors d’une expĂ©rience en ThaĂŻlande.
Crédit : Sydney Hope.

Le principe Ă©tait simple. Les Ă©lĂ©phants apprenaient d’abord Ă  contourner une boĂźte opaque pour passer leur trompe par une ouverture et rĂ©cupĂ©rer un morceau de fruit. Ils recevaient ensuite une boĂźte transparente et percĂ©e Ă  l’avant. La nourriture devenait visible et son odeur pouvait passer par les trous, mais il fallait toujours contourner la boĂźte pour l’atteindre.

On pourrait s’attendre Ă  ce que les animaux tentent directement d’attraper le fruit Ă  travers la paroi. Pourtant, ils ont contournĂ© la boĂźte transparente avec une efficacitĂ© proche de celle observĂ©e avec la boĂźte opaque. Ils semblaient donc capables de rĂ©frĂ©ner le geste direct pour utiliser la mĂ©thode qui fonctionnait.

Les chercheurs restaient prudents sur ce premier rĂ©sultat. Il est aussi possible que la nourriture visible derriĂšre la paroi n’ait pas provoquĂ© une envie assez forte de tendre directement la trompe. Une seconde expĂ©rience a donc testĂ© une situation diffĂ©rente, dans laquelle une habitude prĂ©cĂ©demment efficace devenait mauvaise.

AprĂšs plusieurs essais avec l’ouverture placĂ©e d’un cĂŽtĂ©, la boĂźte Ă©tait tournĂ©e. L’ancienne direction ne permettait alors plus d’atteindre la nourriture. Les Ă©lĂ©phants mettaient alors davantage de temps Ă  contourner l’obstacle, signe qu’ils continuaient Ă  utiliser le comportement appris. Mais ils ont rapidement corrigĂ© au fil des essais suivants.

Cette capacitĂ© porte le nom de contrĂŽle inhibiteur. Elle consiste simplement Ă  rĂ©frĂ©ner une rĂ©ponse spontanĂ©e ou habituelle lorsqu’une autre action fonctionne mieux. Chez l’ĂȘtre humain, elle intervient par exemple lorsqu’il faut abandonner un geste devenu automatique aprĂšs un changement de situation.

L’ñge semble Ă©galement avoir jouĂ© un rĂŽle dans une partie de l’expĂ©rience. Les animaux plus ĂągĂ©s mettaient davantage de temps Ă  s’adapter lorsque l’orientation de la boĂźte changeait. Les auteurs Ă©voquent une possible baisse de certaines capacitĂ©s avec l’ñge, sans pouvoir l’établir avec certitude Ă  partir de ce seul test.

Ces travaux pourraient dĂ©passer la seule Ă©tude de l’intelligence animale. Savoir comment un Ă©lĂ©phant rĂ©agit Ă  un obstacle ou modifie une habitude peut aider Ă  prĂ©voir son comportement prĂšs des zones habitĂ©es. Les chercheurs veulent notamment mieux comprendre ces dĂ©cisions afin d’amĂ©liorer les dispositifs destinĂ©s Ă  rĂ©duire les conflits entre humains et Ă©lĂ©phants.

CO
Cornak

Un éléphant est donc aussi malin et délicat qu'une souris ou qu'un chat ? Oh ! C'est l'humain la brute !!!