🌟 L'étoile qui grignote petit à petit une "étoile ratée"

Le système ZTF J0440+2325 réunit une naine rouge et une naine brune. Cette dernière est plus massive qu’une planète géante, mais trop légère pour amorcer une réelle réaction de fusion et devenir une véritable étoile. Ce type de corps est qualifié familièrement d’« étoile ratée ». Les deux sont tellement proches qu’ils accomplissent un tour complet l’un autour de l’autre en seulement 86,65 minutes.

La naine rouge possède environ 85 fois la masse de Jupiter. Sa compagne en compte environ 25. Leur orbite entière pourrait tenir à l’intérieur du diamètre du Soleil, ce qui place l'étoile et la naine brune dans une proximité extrême. La gravité de la naine rouge déforme alors la naine brune. Une partie de son gaz s’écoule sous la forme d’un courant continu vers l'étoile.

Ce gaz ne tombe pas discrètement sur la naine rouge. En frappant sa surface, il crée une région beaucoup plus chaude et lumineuse. Les variations régulières de cette zone au fil de l’orbite ont aidé les chercheurs à reconstituer la manière dont la matière circule entre les deux objets.

Ce type de transfert est souvent observé lorsqu’un trou noir, une étoile à neutrons ou une naine blanche aspire une compagne. Ici, l’objet qui reçoit la matière est une étoile ordinaire de très faible masse. Une telle situation n’avait encore jamais été observée directement de cette façon.

Le plus étonnant est la lenteur du processus. Les modèles indiquent que le transfert peut rester stable au lieu de s’emballer. La naine brune ne serait donc pas engloutie rapidement : elle pourrait perdre progressivement sa matière pendant des milliards d’années.

Cette découverte ajoute une nouvelle fin possible pour les objets situés très près de leur étoile. Une planète ou une naine brune ne doit pas forcément être avalée d’un seul coup. Dans certaines conditions, elle peut être consommée très lentement, couche après couche.

Les chercheurs ont aussi identifié un second système, ZTF J1444+4820, dont la période n’est que de 67 minutes et qui pourrait fonctionner de manière comparable. De nouvelles recherches dans les relevés du ciel permettront de déterminer si ces couples serrés sont rares ou simplement difficiles à reconnaître.