Google a présenté une intelligence artificielle qui pourrait repérer des failles de sécurité particulièrement difficiles à trouver.
Un logiciel peut contenir une erreur que personne ne remarque pendant des années. Pourtant, cette erreur peut parfois permettre à un pirate de voler des données ou de prendre le contrôle d'un ordinateur. Avant qu'elles ne soient découvertes par des personnes malveillantes, les spécialistes de la sécurité tentent de trouver ce type d'erreurs pour les corriger.

C'est justement l'un des domaines où Google affirme avoir progressé avec Gemini 4 Carbon, annoncé le 28 octobre. Ce nouveau modèle d'intelligence artificielle ne sert pas seulement à discuter ou à écrire du texte. Il est aussi conçu pour réaliser des tâches informatiques qui demandent de nombreuses étapes.
Concrètement, une telle IA peut examiner le code d'un programme, c'est-à-dire les instructions qui le font fonctionner. Elle cherche des erreurs susceptibles de créer une ouverture pour un pirate. Elle peut ensuite tester si le problème présente réellement un risque et proposer une correction. Ce travail prend habituellement beaucoup de temps aux équipes chargées de protéger les logiciels.
Pour mesurer les progrès de Carbon, Google cite plusieurs séries de tests (benchmarks). Dans l'un d'eux, consacré à la recherche de failles dans de vrais logiciels, le modèle obtient un score de 88,2 %. Dans un autre, portant sur la correction des problèmes repérés, il atteint 71,0 %.
L'entreprise rapporte aussi des résultats obtenus au sein de ses propres équipes. Selon ses essais, Carbon réussit plus de deux fois plus souvent que Gemini 4 Argon à produire du code sans faille. Argon est un autre modèle que Google avait présenté seulement deux semaines auparavant.
Ces annonces demandent néanmoins de la prudence. Une bonne note lors d'un test ne signifie pas qu'un logiciel entier sera automatiquement sécurisé. Les résultats internes de Google ne constituent pas non plus une vérification indépendante.
Il existe une autre difficulté : comprendre comment exploiter une faille pourrait aussi aider des personnes malveillantes. C'est pourquoi Google ne met pas immédiatement Carbon à la disposition de tous. L'entreprise dit avoir renforcé ses protections et prévoit une ouverture progressive, plutôt qu'un lancement général dès l'annonce.
Dans un premier temps, seuls certains professionnels chargés de sécuriser des systèmes informatiques doivent pouvoir l'utiliser. Leurs retours permettront à Google d'ajuster les protections et de poursuivre les évaluations. Aucune date précise n'a encore été donnée pour une mise à disposition du grand public.